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le calme et la conduite modérée de la masse des hommes, pour-quoi refuserions-nous de voir que ces institutions avaient encoreleurs racines dans les esprits et dans les cœurs, et qu'elles se sur-vivaient à elles-mêmes dans les habitudes heureuses qu’ellesavaient fait contracter au meilleur des peuples ! La France a étébien désolée, mais que serait-elle devenue, si, à notre propre insfu,ces habitudes n’avaient pas servi de contre-poids aux passions]
La piété avait fondé tous nos établissemens de bienfaisance, etelle les soutenait. Qu’avons-nous fait, quand, après la dévastationgénérale, nousavons voulu rétablir nos hospices] Nous avons rap-pelé ces vierges chrétiennes connues sous le nom de Sœurs de laCharité, qui se sont si généreusement consacrées au service del’humanité malheureuse, infirme et souffrante. Ce n’est ni l'a-mour-propre ni la gloire qui peuvent encourager des vérins et desactions trop dégoûtantes et trop pénibles pour pouvoir être payéspar des applaudissemens humains. Il faut élever ses regards au-dessus des hommes, et l’on ne peut trouver des motifs d'encourage-ment et de zele que dans cette piété qui anime la bienfaisance, quiest étrangère aux vanités du monde, et qui fait goûter dans la car-rière du bien public des consolations que la raison seule ne pour-rait nous donner. On a fait, d’autre part, la triste expérience,que des mercenaires sans motif intérieur qui puisse les attacherconstamment à leur devoir, 11e sauraient remplacer des personnesanimées par l’esprit de la religion, c’est-à-dire, par un principe quiest supérieur aux sentimens de la nature, et qui, pouvant seul mo-tiver tous les sacrifices, est seul capable de nous faire braver tousles dégoûts et tous les dangers.
Lorsque l’on est témoin de certaines vertus, il semble que l’onvoit luire un rayon céleste sur la terre. Eh quoi ! nous aurions laprétention de conserver ces vertus en tarissant la sourse qui lesproduit toutes ! Ne nous y trompons pas ; il n’y a que la religionqui puisse ainsi combler l’espace immense qui existe entre Dieu etles hommes.
On imaginera peut-être que la politique faisait assez, en lais-sant un libre cours aux opinions religieuses, et en cessant d’inquie-ter ceux qui les professent.
Mais je demande si une telle mesure, qui ne présente rien depositif, qui n’est, pour ainsi dire, que négative, aurait jamais puremplir le but que tout gouvernement sage doit se proposer.
Sans doute la liberté que nous avons conquise, et la philosophiequi nous éclaire, ne sauraient se concilier avec l’idée d’une religiondominante, et moins encore avee l’idée d’une religion exclusive.
J’appelle religion exclusive, celle dont le culte public est auto-risé privativemeot à tout autre culte. Tel était parmi nous, lareligion catholique dans le dernier siéele de la monarchie.
J’appelle religion dominante, celle qui est plus intimement liée àletat, et qui jouit, dans l’ordre politique de certains privilèges quisont refusés à d’autres cultes dont l’exercice public est pourtantautorisé. Telle était la religion catholique en Pologne et telle estla religion grecque en Russie .