Buch 
1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
292
JPEG-Download
 

292

meus de ne point renoncer à la conduite des affaires religieusesCes affaires ont toujours été rangées, par les différais codes desnations, dans les matières qui appartiennent à la haute police del’état

Un état n’a qu’une autorité précaire, quand il a dans son terri-toire des hommes qui exercent une grande influence sur les espritset sur les consciences, sans que ces hommes lui appartinrent aumoins sous quelques rapports.

L’autorisation d’un culte suppose nécessairement l'examen desconditions suivant lesquelles la société promet de l’autoriser. Latranquillité publique n’est point assurée, si l’on néglige de savoirce que sont les ministres de ce culte, ce qui les caractérise, ce quiles distingue des simples citoyens, et des ministres des autrescultes; si l’on ignore sous quelle discipline ils entendent vivre etquels réglemens ils promettent d’observer. L’état est menacé, sices réglemens peuvent être faits ou changés sans son concours,s’il demeure étranger ou indifférent à la forme et à la constitutiondu gouvernement qui se propose de régir les âmes, et s’il n’a dansdes supérieurs légalement connus et avoués des garans de lafidélité des inférieurs.

Ou peut abuser de la religion la plus sainte. L’homme qui sedestine à la prêcher en abusera-t-il ou n’en abusera-t-il pas? S’enservira-t-il pour se rendre utile ou pour nuire? Voilà la question.Pour la résoudre, il est assez naturel de demander quel est cethomme, de quel côté est son intérêt ; quels sont ses sentimens, etcomment il s’est servi jusqu’alors de ses talens et de son ministère.Il faut donc que l’état connaisse d’avance ceux qui seront em-ployés. Il lie doit point attendre tranquillement l’usage qu’ils fe-ront de leur influence : il ne doit point se contenter de vainesformules ou de simples présomptions, quand il s’agit de pourvoirà sa conservation et à sa sûreté.

On comprend donc que ce n’était qu’en suivant par rapportaux différais cultes, le système d’une protection éclairée, qu’onpouvait arriver au.système combiné d’une surveillance utile. Car,nous l’avons déjà dit, ce n’est point chercher à le rendre dominantou exclusif ; c’est seulement veiller sur sa doctrine et sur sa police,pour que l’état puisse diriger des institutions si importantes versla plus grande utilité publique, et pour que les ministres ne puis-sent corrompre la doctrine confiée à leur enseignement, ou se-couer arbitrairement le joug de la discipline, au grand préjudicedes particuliers et de l’état.

Le gouvernement, en sentant la nécessité d’intervenir directe-ment dans les affaires religieuses par les voies d’une surveillanceprotectrice, et en considérant les scandales et les schismes qui dé-solaient le culte catholique, professé par la très-grande majoritéde la nation Française, s’est d’abord occupé des moyens d’éteindreces schismes et de faire cesser ces scandales.

Un schisme est, par sa nature, un germe de désordre qui s6modifie de mille manières différentes, et qui se perpetue à 1 iiinm-