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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Chaque titulaire, l’ancien, le nouveau, le plus nouveau, ont cha-cun leurs sectateurs dans le même diocese, dans la même paroisseet souvent dans la même famille. Ces sortes de querelles sontbien plus tristes que celles qu’on peut avoir sur le dogme, parcsquelles sont comme une hydre qu’un nouveau changement de pas-teur peut à chaque instant reproduire.

D’autre part, toutes les querelles religieuses ont un caractèrequi leur est propre. “ Dans les disputes ordinaires, chacun sent“ qu’il peut se tromper, l’opiniâtreté et l’obstination ne sont pas

extrêmes ; mais dans celles que nous avons sur la religion,“ comme par la nature de la chose chacun croit être sûr que son“ opinion est vraie, nous nous indignons contre ceux qui, au lieu“ de changer eux-mêmes, s’obstinent à nous faire changer.”

D’après ces réflexions, il est clair que les théologiens sont pareux-mêmes dans l'impossibilité d’arranger leurs différends. Heu-reusement les théologiens catholiques reconnaissent un chef, uncentre d’unité, dans ie pontife de Rome . L’intervention de cepontife devenait donc nécessaire pour terminer des querelles jus-qu’alors interminables.

De là le gouvernement conçut l’idée de s’entendre avec le saint-siéjje.

La constitution civile du clergé, décrétée par l’assemblée con-stituante, n’y mettait aucun obstacle, puisque cette constitution«'existait plus. On ne pouvait la faire revivre sans perpétuer leschisme qu’il fallait éteindre. Le rétablissement de la paix étaitpourtant le grand objet ; et il suffisait de combiner le moyen de cerétablissement avec la police de l’état et avec le droit de l’empire.

Il faut sans doute se défendre contre le danger des opinions ul-tramontaines, et ne pas tomber imprudemment sous le joug de lacour de Rome; mais l’indépendance de la France catholique n’est-elle pas garantie par le précieux dépôt de nos anciennes libertés ?

L’influence du pape, réduite à ses véritables termes, ne sauraitêtre incommode à la politique. Si quelquefois on a cru utile derelever les droits des évêques pour affaiblir cette influence, quel-quefois aussi il a été nécessaire de la reclamer et de l’accréditercontre les abus que les évêques faisaient de leurs droits.

En général, il est toujours heureux d’avoir un moyen canoniqueet légal d’appaiser des troubles religieux.

Les principes du catholicisme ne comportent pas que le chef dechaque état politique puisse, comme chez les Luthériens, se dé-clarer chef de la religion ; et dans les principes d’une saine poli-tique, on pourrait penser qu’une telle réunion des pouvoirs spiri-tuels et temporels dans les mêmes mains, n’est pas sans dangerpour la liberté.

L’histoire nous apprend que, dans certaines occurrences, desnations catholiques ont établi des patriarches ou des primats pouraffaiblir ou pour écarter l’influence directe de tout supérieurétranger.

Mais une telle mesure était impraticable dans les circonstances ;