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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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sacerdotale, il eût fallu changer le système religieux de la très-grande majorité des Français . On le fit en Angleterre, parce queles esprits étaient préparés à ce changement ; mais parmi nouspouvait-on se promettre de rencontrer les mêmes dispositions.

11 ne faut que des yeux ordinaires pour appercevoir, entre unerévolution, et une autre révolution, les ressemblances qu’ellespeuvent avoir entre elles et qui frappent tout le monde ; mais pourjuger sainement de ce qui les distingue, pour appercevoir la dif-férence, il faut une maniéré de voir plus perçante et plus exercée,il faut un esprit plus judicieux et plus profond.

Assiinuler perpétuellement ce qui s’est passé dans la révolutiond’Angleterre, avec ce qui se passe dans la nôtre, ce serait donctaire preuve d’une grande médiocreté.

En Angleterre, la révolution éclata à la suite et même au milieudes plus grandes querelles religieuses, et ce fut l’exaltation dessentiniens religieux, qui rendit aux âmes le degré d’énergie et decourage qui était nécessaire pour attaquer et renverser le pouvoir.

En France , au contraire, les mœurs et les principes luttaientdéjà depuis long-tems contre la religion, et on ne voyait en elleque les abus qui s’y étaient introduits.

En Angleterre, on n’avait point eu l’imprudence de dépouillerle clergé de ses biens avant de lui demander le sacrifice de sa dis-cipline et de sa hiérarchie.

En France , on voulait tout exiger du clergé, après lui avoir ôtéjusqu’à l’espérance.

En Angleterre les opinions religieuses furent aux prises avecd’autres opinions religieuses ; mais la politique, qui sentait le be-soin de s’étayer de la religion, se réunit à un parti religieux quiprotégeait la liberté, qui en fut protégé à son tour, et qui finitpar placer la constitution de l’état sous la puissance garantie de lareligion même.

En France oû, après la destruction de l’ancien clergé, tout con-courait à l’avalisement du nouveau qu’ou venait de lui substituer,la politique avait armé toutes les consciences contre ses plans ; etles troubles religieux qu’il s’agit d’appaiser, ont été l’unique résul-tat des fautes et des erreurs de la politique.

Il est essentiel d’observer que, dans ces troubles, dans ces dis-sentions, tout l’avantage a dû naturellement se trouver du côtédes opinions mêmes que l'on avait voulu proscrire, car la conduitequi avait été tenue envers ceux qui avaient embrassé les opinionsnouvelles, avait décrié ces opinions, et n’avait pu qu’augmenterle respect du peuple pour celles qui tenaient à l’ancienne croyancequi avaient reçu une nouvelle sanction du courage des ministresqui s’en étaient déclarés les défenseurs. Car en morale, nous,aimons, si non pour nous-mêmes, du moins pour les autres, toutce qui suppose un effort: et en fait de religion, nous sommesportés à croire les témoins, qui se font égorger.

Or, une grande maxime d’état, consacrée par tous ceux qui ontsu gouverner, est qu’il ne faut point chercher mal-à-propos à