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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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changer «ne religion établie, qui a de profondes racines dans lesesprits et dans les cœurs, lorsque cette religion s’est maintenue àtravers les événemens et les tempêtes d’une grande révolution.

S’il y a de l’humanité à ne point affliger la conscience deshommes, il y a une grande sagesse à ménager dans un pays desinstitutions et des maximes religieuses qui tiennent depuis long-tems aux habitudes du peuple, qui se sont mêlées -3 l toutes sesidées ; qui sont souvent son unique morale, et qui font partie deson existence.

Le gouvernement ne pouvait donc proposer des changemensdans la hiérarchie des ministres catholiques, sans provoquer denouveaux embarras et des difficultés insurmontables.

11 resuite de l’analyse des procès-verbaux des conseils-générauxdes départemens, que la majorité des Français tient au culte ca-tholique : que, dans certains départemens, les habitons tiennent àce culte presque autant qu'à la vie, qu’il importe de faire cesser lesdissentions religieuses ; que les habit ans des campagnes aimentleur religion ; qu’jVs regrettent les jours de repos consacrés parelle; qu’ils regrettent ces jours où ils adoraient Dieu en com-mun : que les temples étaient pour eux des lieux de rassemblementoù les affaires, le besoin de se voir, de s’aimer réunissaient toutesles familles, et entretenaient la paix et l’harmonie : que le respectpour les opinions religieuses est un des moyens les plus puissanspour ramener le peuple à l’amour des lois ; que l’amour que lesFrançais ont pour le culte de leprs dieux, peut d’autant moinsalarmer le gouvernement, que ce culte est soumis à la puissancetemporelle ; que les minisires adressent, dans leurs oratoires, desprières pour le gouvernement ; qu’ils ont tous rendus des actionsde grâces en reconnaissance de la paix ; qu’ils prêchent tous l’o-béissance aux lois et à l’autorité civile ; que la liberté réelle duculte est un exercise avoué par la loi, réuniraient les esprits, fe-raient cesser les troubles et ramèneraient tout le monde aux prin-cipes d’une morale qui fait la force du gouvernement ; que laphilosophie n’éclaire qu’un petit nombre d’hommes ; que la reli-gion seule peut créer et épurer les mœurs ; que la morale n’estutile qu’autant quelle est attachée à un culte publie ; que l’oncontribuerait beaucoup à la tranquillité publique, en réunissantles prêtres des différentes opinions; que la paix ne se consolideraque lorsque les ministres du culte catholique auront une existencehonnête, et assurée ; qu’il faut accorder aux prêtres un salaire quiles mette au-dessus du besoin, et, enfin, qu’«7 est fortement dé-sirable qu’une décision du pape fasse cesser toute division dansles opinions religieuses, vu que c’est le seul moyen d’assurer lesmoeurs et la probité.

Tel est le vœu de tous les citoyens appelés par les lois à éclairerl’autorité sur la situation et les besoins des peuples; tel est le vœudes bons pères de famille, qui sont les vrais magistrats des mœurs,et qui sont toujours les meilleurs juges quand il s’agit d’apprécierla salutaire influence de la morale et de la religion.