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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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n'apportât de la confusion dans l’église ; et ils avaient ordonné àtoutes les personnes engagées dans les ordres ou congrégationsdéjà existantes, de rentrer dans leurs cloitres et de s’abstenir del’administration des curés, attendu que leur devoir était de s’occu-per, dans le silence et dans la solitude, de leur propre perfection,et qu’ils n’avaient point reçu la mission de communiquer la per-fection aux autres. Toutes ees prohibitions avaient été inutiles ;il a été remarqué que la plupart des ordres religieux n’ont étéétablis que depuis les défenses qui ont été faites d’en former. Ilest à remarquer encore que nonobstant les prohibitions des con-ciles, le clergé régulier continuait à gouverner des cures impor-tantes. Ce qui est certain, c’est que la ferveur dans chaque ordrereligieuse, n’a guere duré plus d’un siècle, et qu’il fallait sam cesseétablir des maisons de réforme, qui bientôt elles-mêmes avaientbesoin de réformation.

Toutes les institutions monastiques ont disparu : elles avaientété minées par le tems. Il n’est pas nécessaire à la religion qu’ilexiste des institutions pareilles ; et quand elles existent, il est né-cessaire quelles remplissent le but pieux de leur établissement.La politique d’accord avec la piété, a donc sagement fait de nes’occuper que de la régénération des clercs séculiers, c’est-à-dire,de ceux qui sont vraiment préposés, par leur origine et par leurcaractère, à l’exercice du culte.

La discipline ecclésiastique ne sera plus défigurée par desexemptions et des privilèges funestes et injustes, ou par des éta-blissemens arbitraires qui n’étaient point la religion.

Tous les pasteurs exerceront leurs fonctions conformément auxlois de l’état et aux canons de l’église. Ceux d’entre eux qui oc-cupent le premier rang, n’oublieront pas que toute dominationleur est interdite sur les consciences, et qu’ils doivent respecter,dans leurs inférieurs, la liberté chrétienne , si fort recommandéepar la loi évangélique, et qui ne comporte, entre les diiFérens mi-nistres du culte, qu’une autorité modérée, et une obéissance rai-sonnable.

Sous un gouvernement qui protège tous les cultes, il importeque tous les cultes se tolèrent réciproquement. Le devoir desecclésiastiques est donc de s’abstenir, dans l’exercice de leur mi-nistère, de toute déclamation indiscrète qui pourrait troubler lebon ordre. Le christianisme, ami de l’humanité, commandelui-même de ménager ceux qui ont une croyance différente, desouffrir tout ce que Dieu souffre, et de vivre en paix avec tousles hommes.

Quand on connaît la nature de l’esprit humain et la force desopinions religieuses, ou lie peut s'aveugler sur la grande influenceque les ministres de la religion peuvent avoir dans la société. Ce-pendant qui pourrait croire que, depuis dix ans, l’autorité pu-blique a demeuré étrangère au choix de ces ministres 1 elle sembleavoir renoncé à tous les moyens de surveiller utilement leur con-duite. Ignorait-on que le culte qui n’est pas exercé publiquement