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Désormais les ministres de la religion seront dans l’heureuse im-puissance de se distinguer autrement que par leurs, vertus.. Tousles bons esprits bénissent, dans cette occurrence, les vues et lesopérations du gouvernement. Dans le seizième siecle, le chef dela religion catholique fut le restaurateur des lettres en Europe ;dans le dix-neuvieme, un héros philosophe devient le restorateurde la religion.
Rapport du Citoyen Portalis sur les Articles Organiques desCultes Protestons.
Une portion du peuple Français professe la religion protestante.Cette religion se divise en diverses branches ; mais nous ne connais-sons guere eu France que les protestans connus sous le nom deréformés, et les luthériens de la confession d’Augsbourg.
Toutes les communions protestantes s’accordent sur certainsprincipes. Elles n’admettent aucune hiérarchie entre les pasteurs ;elles ne reconnaissent en eux aucun pouvoir émané d’en haut :elles n’ont point de chef visible. Elles enseignent que tous lesdroits et tous les pouvoirs sont dans la société des fideles, et endérivant : Si elles ont une police, une discipline, cette police etcette discipline sont réputées n’ètre que des établissemens de con-vention. Rien dans tout cela n’est réputé de droit divin.
Nous ne parlerons pas de la diversité de croyance sur certainesdoctrines ; l’examen du dogme est étranger à notre objet.
Nous observerons seulement que les diverses communions pro-testantes ne se régissent pas de la même maniéré dans leur gou-vernement extérieur.
Le gouvernement des églises de la confession d’Augsbourg estplus gradué que celui des églises réformées ; il a des formes plussévères. Les églises reformées, par leur régime, sont plus con-stamment isolées; elles ne se sont donné aucun centre com-mun auquel elles puissent se rallier, dans l’intervalle plus ou moinslong d’une assemblée synodale à une autre.
Ces différences dans le gouvernement des églises réformées, etdans celui des églises de la confession d’Augsbourg, ont leur sourcedans les circonstances diverses qui ont présidé à l'établissement deces églises. Les pasteurs des diverses communions protestantesnous ont adressé toutes les instructions nécessaires. Je dois à tousle témoignage qu’ils se sont empressés de taire parvenir leurs dé-clarations de soumission et de fidélité aux lois de la république etau gouvernement. Ils professent uuanimément que l’église estdans l’état, et que Ton est citoyen avant d’être ecclésiastique, etqu’en devenant ecclésiastique, on ne cesse pas d’être citoyen. Ils* félicitent de professer une religion qui recommande partout l'a-utour de la patrie et l’obéissance à la puissance publique. Ils bé-nissent à l’envi le gouvernement Français , de la protection écla-tante qu’il accorde à tous les cultes qui ont leur fondement dans«s grandes vérités que le christianisme a notifiés à l’univers.
D’après les instructions reçues soitpar écrit, soit dans des confé-
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