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pas moins indispensable de revenir à cet autre point commun ltoutes les nations civilisées, la religion.
Comme le Gouvernement avait été ruiné par l’abus des priuci.pes de la démocratie, la religion avait été perdue par l’abus desprincipes de la tolérance.
L’on avait introduit dans le gouvernement et l’administration,l’ignorance présomptueuse, l’inconséquence, le fanatisme politi-que et la tyrannie sous les formes populaires : l’envie avait amenél’indifférence, et bientôt l’oubli des devoirs publics et privés, dé-chaîné toutes les passions, développé toute l’avidité de l’intérêt leplus cupide, détruit l’éducation, et menacé de corrompre à la foiset la génération présente et celle qui doit la remplacer.
Rappelons nous de ce qu’on a dit chez une nation, notre rivaleet notre émule dans tous les genres de connaissances, et qu’unn’accusera point apparemment de manquer de philosophie 1 Quelsreproches des hommes célébrés par la libéralité rie leurs idées etpar leurs talens, n’ont-ils pas faits a notre irréligion? Et quandon pourrait penser que leur habilité potilique, les armait contrenous d'argumeus auxquels ils ne croyaient pas, n’est ce pas un biende les leur avoir arrachés et de les réduire au silence sur un objetaussi important?
S’il est des hommes assez forts ponr se passer de religion, assezéclairés, assez vertueux pour trouver en eux-mêmes tout ce qu’ilfaut quand ils ont à surmonter leur intérêt en opposition avecl’intérêt d’autrui ou avec l’intérêt public, est-il permis de croireque le grand nombre aurait la même force ?
Des sages se (lasseraient aussi de lois; mais ils les respectent,les aiment, tt les maintiennent, parce qu’il en faut pour la multi-tude. Il leur faut encore ce qui donne aux lois leur sanction laplus efficace ; ce qui, avant qu’on puisse les mettre dans sou mé-moire, grav e dans le cœur les premières notions du juste et del’injuste; développe par le sentiment d'un Dieu vengeur et ré-munérateur l'instinct qui nous éloigne du mal et nous porte aubien. L’enfant en apprenant dès le berceau les préceptes de lareligion, commît, avant de savoir qu’il y a un code criminel, cequi est permis, ce qui est défendu. 11 entre dans la société toutpréparé à ses institutions.
Ils seraient donc birii peu dignes d’estime, les législateurs an-ciens qui tous fortifiaient leur ouvrage du secours et de. l'autoritéde la religion ! Ils trompaient les peuples, dit-on, comme s’il n’é-tait pas constant qu’il existe dans l'homme un sentiment religieuxqui fait partie de son caractère, et qui ne s’efface qu’avec peine ;comme s’il ne convenait pas de mettre à profit cette dispositionnaturelle ; comme si l’on ne devait pas s’aider pour gouverner leshommes, de leurs passions et de leurs sentimeus, et qu’il vautmieux les conduire par des abstractions !
Hélas! qu’avons-nons gagné à nous écarter des voies tracées;à substituer à cette expérience universelle des siècles et des limi-tions, de vaines théories !