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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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poussière ; il faut que sa main les rassemble ; il faut que le cimentdévoré se recompose : l’état n’est bien raffermi qu’après l’ackeve-inent de ce grand œuvre. Ces liens sacrés qui (missent le ciella terre, fixent plus sûrement nos rapports avec nos semblables:ils établissent les principes de la propriété particulière et de lavéritable égalité. Ils forment les sociétés, fortifient leur enfance,hâtent leurs progrès, et protègent leur vieillesse contre la puissancedu temps qui entraîne tous les ouvrages des hommes.

Elevera-t-on contre ces grands résultats des objections tantfois réfutées ? opposera-t-on les abus de la religion à ses bienfaits ?de quoi n’abuse-t-on pas sur la terre ! L’honneur produit lesduels qui désolent les familles ; la gloire enfante les guerres quidéchirent les nations ; au nom de la liberlé, quelquefois lesproscriptions se signent, les échafauds se dressent, et la religionfut souvent deshonorée par les inquisiteurs et le fanatisme.

Oui, les crimes et les vertus sont étroitement enlacés dans leinonde morale : ce grand livre de l’histoire nous offre à chaquepage le mal à côté du bien ; aussi le but de la législation est-il deséparer, par de fortes barrières, ces deux principes ennemis quitendent sans cesse à se confonder.

Ce n’est pas devant l’auguste assemblée qui m’écoute qu’il estnécessaire de développer, par des traiis isolés, ce besoin religieuxqu’attestent tous les siècles et tous les peuples: quant au froidmatérialiste, qu’il observe le genre humain, qu’il étudie la naissanceet les progrès de la civilisation ; qu’il porte son regard sceptiquedans les déserts les plus lointains, qu’y voit-il? Ie3 tribus er-rantes dans leurs vastes solitudes, ont toutes des dieux qui mar-chent devant elles. C’est en présence de la divinité, c’est en sonnom qu'elles se forment en corps de nation. Les cités se réunis-sent autour du temple qui garantit leur durée ; ce temple est leurpremier monument ; les rites sacrées, leur première loi; Dieu ,leur premier lien.

Et si la religion est essentielle au maintien de l’économie sociale,elle n’est pas moins nécessaire au bonheur des individu?. Elleentretient dans les familles l’harmonie quelle établit dans lesétats. C’est elle qui épure nos affections en leur donnant unmotif éternel qui nous conduit, comme par la main, dans lesscenes variées de la vie ; qui nous forme aux vertus individuelleset sociales ; qui nous reçoit dès le berceau, et nous console surle lit de mort

Il est des crimes qui échappent à toutes les lois : la religionseule peut les atteindre.

L’injustice appesantit-elle sur nous son bras de fer? la religionest notre appui. Elle remet l’équitable entre le faible et le puis-sant, elle peut même élever l’opprimé au-dessus de l’oppresseur ;elle dorme à celui-ci des remords secrets, une mainte vague etterrible, qui surpassent les chàtimens de Injustice humaine: ellesou âge la victime par une espérance sainte, infinie, indépendantede tout ce qui l’environne. Le sage, ranimé par cette espéranceinappréciable, refuse de rompre ses fers, et l’œil fixé sur le