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arboré, et l’on vît la majorité des prêtres, de mœurs les plus pures,liés au sein du tiers-état, et les plus intéressés à détruire les abusdu haut clergé, se laisser entraîner par la force de la dépendance,et embrasser sincèrement une cause qui peut-être dans leurs clu-fs,n'avait que des vues temporelles. Une grande partie des prêtrescriit sa foi intéressée, et le mal s’aigrit sans retour. Ainsi, cesmesures de la constituante, paice qu’on négligea de les prendreavec la prudence nécessaire, tirent dans le suite répandre plus desang, nous engagèrent dans des erreurs plus longues à réparer quene l’ont fait les diverses factions politiques.
L'assemblée législative lui succéda, et dès ses premiers jours,la résistance des prêtres lui parut effrayante : elle leur ordonnade prêter le serment de la fidélité; elle autorisa les corps admi-nistratifs à déporter ceux qui troublerait l’ordre ' "r; et peude mois après, tous ceux qui refusèrent le serment furent con-traints de quitter la France dans quinze jours, sous peine de dixans (le détention. Ainsi, en moins d’une année, l’esprit destruc-teur naissait déjà de l’esprit d’organisation ; l’athéisme pressaitdéjà la philosophie, et le torrent qui devait bientôt tout boule-verser, menaçait de son débordement.—En moins d’une ami e, laproscription fut amenée par une bonne réforme religieuse, par laseule raison que cette reforme fut organisée sans ménagemens,tant sont délicates et difficiles les lois qui touchent de si près à laconscience des peuples !
La Convention suivit (e même système avec une violence pro-gressive. L’exil en niasse de la grande majorité du clergé lui pa-rut une mesure pusillanime, elle ordonna qu’ils seraient ( éportésà la Guyane , et que tous les prêtres qui se déroberaient à la dé-portation, seraient punis de mort dans les vingt quatre heures.
De si cruelles mesures pourraient toute fois être considéréescomme des suites nécessaires de la première direction fautive, etde la persévérance dans le même système ; dès (pie les réfrac-taires étaient signalés comme des ennemis de l’Etat, ou pouvait nepas s’étonner qu’ils fussent traités comme tels. Mais bientôt lascene change : le démon de l'athéisme que l’on avait pu pressen-tir de loin dans les années precedentes, ose se montrer à décou-vert, il soulevé la France du haut de la tribune, il veut en chasser àla fois toutes les consciences. Il ne lui suffisait pas de peupler laGuyane de prêtres réfractaires, les prêtres assermentés étaientaussi nécessaires à sa rage. L’athéisme ne met pas plus de dis-tinction dans les sectes religieuses, que le royalisme dans les sec-tes républicaines : le cri de mort s’entendit soudain sur tous lesministres des cultes : on les déporta pur troupes sur des côtes in-hospitalières, et sous le ciel brûlant des Tropiques.—Instrumentde la fatalité qui poursuivait ce vaste Empre, la Convention vou-lut anéantir les cultes, après avoir frappe leurs ministres. Tousles plus libres décrets faits par la tolérance, furent révoqués: etlon vit pour la première fois, dans l’histoire du monde, la loiinviter des citoyens à se déclarer infantes : des autorités reçurent