«il 83 ! qui peut calculer le nombre de victimes que l’on eûtépargnées î
Je me résume :
lo. La religion, les cultes, sont utiles aux individus, nécessaire»aux sociétés.
2o. Le gouvernement de la république 11 e peut pas rester étran-ger aux cultes ; il doit les organiser ;
3o. Le projet de loi qui vous était soumis, organise les cultes dela maniéré la plus convenable.
Empressez-vous, législateurs, de réparer par votre sagesse deserreurs qui vous sont étrangères ; empressez vous de reconnaîtreet de convertir en loi de l’état ce code religieux : alors vous aurezpayé votre dette à la patrie, et dans celte session mémorable vousaurez décrété la paix de la république avec les nations et avec lesconsciences.
Tel est le vœu que le tribunat nous a chargé d'émettre dans votresein : son adoption repose sur les principes que nous avons déve-loppés, et principalement sur cette grande considération que notredevoir est de céder à l'opinion nationale et que cette opinion de-mande le rétablissement des institutions religieuses.
Jaucourt. Citoyens législateurs, quoique l’orateur qui m’a pré-cédé à cette tribltne ait donné les développemens les plus satisfai-sans au projet de loi qui vous est soumis, j’ai cru qu’il me seraitpermis de reporter votre pensée sur cette époque glorieuse quiva mettre réellement à l’usage de la nation Française la libertédes cultes, cette liberté toujours proclamée et toujours enchaî-née jusqu’à ce moment. J’ai pensé aussi que le corps-légis-latif ne verrait pas sans quelqu’intérêt que le tribunat offrait déjàdans le choix de ses orateurs, l’exemple de cette union qui bientôtva fondre les sentimens des Français de cultes différens, dans unmême respect pour la constitution, une égale reconnaissance pourle gouvernement, un amour également pur pour la patrie. Aune époque désastreuse de nos anciennes annales, après des discus-sions civiles et religieuses, à la fin d’une guerre qui avait armée lesFrançais les uns contre les autres : un prince qu’on peut nommerdans cette tribuue républicaine, puisque c’est le seul dont le peu-ple ait gardé le mémoire, Henri IV , se félicitait de pouvoir s’oc-cuper enfin de justice et de religion : quelle que la forme des gou-vernemens, la force invincible des choses ramene la même néces-sité dans les mêmes circonstances.
La paix générale, qui met le comble à la satisfaction de tous lescitoyens, est à peine signée, et les consuls viennent, à la suite d uneconvention, sur laquelle l’orateur qui m’a précédé, ne me laisse plusrien à dire, présenter au corps législatif un mode d’organisation etde police des cultes, c’est-à-dire, le gage le plus assuré de la paixintérieure. La convention signée entre le gouvernement Français et la cour de Rome, va faire cesser enfin les intolérances reli-gieuses ; elle garantit à tous les citoyens un droit non moins sacre