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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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beaucoup une fois. Tel corps n'a jamais pu recouvrer dans] opinion l’honneur qu’il avait perdu, quoiqu’il l’eût mille foisracheté. Il est encore dans la nature de l’honneur de ne pointêtre donné, mais de s’acquérir. Il est done très-imprudent de luiprescrire des lois il n’en reçoit jamais de l’autorité, il n’en reçoitpas toujours de l’opinion.

Pressé par le tenis, qui ne m’a pas permis de repasser mesidées, j’ignore si j’ai pu vous fait e partager une faible partie dema profonde conviction sur les dangers de cette loi ; niais n’enaurai je pas assez dit pour vous prouver du moins qu’elle mérite,par son extrême importance, plus d’un jour de discussion. Sondernier article porte qu’elle pourra n’ètre organisée qu’au 1erVendémiaire, an 12. J’en vote seulement aujourd’hui le rejet;mais pourquoi n’ajounierait-on pas une loi dont, dans tous lescas, on veut ajourner l’exécution ?

Fi'eoi/le. Citoyens tribuns, lorsque les défenseurs de la Ré-publique se précipitèrent sous les drapeaux pour affronter lesdangers qui la menaçaient, ils'lui jurèrent un dévouement sansbornes, lui présageant ainsi les victoires qui devaient en être leprix. L’histoiie dira comment les soldats de la liberté ontaccompli leur serment, comment ils ont défendu l’indépendancede leur patrie, reculé les limites de son territoire, et commandéau monde le respect du nom Français .

La nation n’aurait pas été digne de ses armées, si elle n’avaitpus senti que les témoignages de son admiration et de sa recon-naissance devaient se prolonger au delà du moment où elle écou-tait le récit de leurs triomphes. La nation a voulu que le senti-ment qu’ils lui avaient inspiré participât à la solenmité de l’actepar lequel elle fixait ses destinées. L’art. 87 de la constitutions’exprime en ces termes: “Il sera décerné des récompensesnationales aux guerriers qui auront rendu des services éclataus encombattant pour la République .”

Quelle devait être, citoyens tribuns, la nature de ces récom-penses? Il semble que pour trouver une répottse satisfaisante àcelle question, il suffit de remonter au motif qui lance les bravesau milieu des dangers. Cette impulsion généreuse et puissante,n est-ce pas le désir d'être accueillis par l’estime, honorés par laconsidération, illustrés parla gloire? N’est-ce pas le besoindobtenir une place distinguée dans l’opinion de ceux aveclesquels on combat, de ceux encore pour qui l’on se dévoue?Aux hommes qu’anime cette noble ambition, il n’est plus aucunsacrifice qui paraisse impossible, et si une nation reconnaissantecherche quelle est la cause qui a pu préparer un grand-hommepour son salut et pour son bonheur, c'est là qu’elle doit la re-connaître: le culte de l’opinion publique, tel est le principe desactions éclatantes que la nation doit récompenser ; telle estencore la source où elle doit puiser les récompenses que lagratitude la mieux motivée et l’intérêt le plus évident lui pres-crivent également de donner à ses défenseurs.

11 était impossible qu’à pet égard aucune erreur fût commise