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La preuve résulte du rapprochement des articles V et IX dutitre 2. L’article V porte qu’en tenis de guerre les actions d'éclatferont litre pour tous les grades ; l’article IX, Qu'après la pre-mière formation de la légion, nul ne pourra parvenir à un gradesupérieur qu’après avoir passé par le plus simple grade. Il suitde là, qu’un offieier qui aura emporté une redoute à la pointe del’épée, s’élèvera subitement aux grades supérieurs, et que Montes-quieu avec son livre immortel de VEsprit des Lois, sera réléguédans les derniers rangs. Cette bisarre gradation des récom-penses n’a pas besoin de commentaires.
Concluons donc qu’il ne peut y avoir aucune cohérence entreles récompenses civiles et militaires, et que sous ce rapport, leprojet de loi est, s’il est possible, encore plus inexécutable qu’in-constitutionnel.
Pour juger sainement de ce qu’on doft penser de ces tentativesfaites pour l’instituer, ces especes d’ordres de chevalerie, il tantdire un mot de leur origine ; on en découvre la trace à-peu prèsà cette époque, où les barbares qui avaient renversé l'EmpireRomain, cherchèrent par un mouvement général et presquesimultané, à sortir de leur état d’ignorance et de la servitude fiel’anarchie ; alors se formèrent ces associations, ou plutôt ces con-fréries d’hommes entreprenans, mais généreux, qui dans l’absencedes lois, mirent leur honneur à punir l’injustice et à protéger lafaiblesse. Ils se firent les réparateurs de tous les torts. Ilsremplirent les forêts du bruit de leurs exploits, et se montrèrentréellement utiles tant que les peuples demeurèrent plongés dansle rhaos des lois féodales. Toutes les institutions de chevaleriequi méritent une place dans l’histoire, remontent à ces teinsreculés : ce n'est ensuite dans les tems modernes que par espritd’imitation, souvent de politique, et quelquefois de galanterie,que les rois et les princes ont lait des chevaliers et distribué descordons. Mais certes, depuis plusieurs siècles, nul souverainn’a songé à confier la police de ses états à des chevaliers errans,ou à des ordres de chevalerie.
Il ne faut donc voir dans la loi qu’on vous propose que cequelle renferme précisément ; c’est une pure corporation mili-taire et sans four tions, car le serment ne présente que des obliga-tions communes à tous les citoyens,
Mais comme institution militaire,elle est distinctive de la libertépublique, parce qu’elle crée un ordre privilégié dont la tendancesecrette est la noblesse héréditaire, et qui en produira tous leseffets avant même qu’elle soit établie, parce que les distinctionspersonnelles, comme celles transmissibles, introduisent un espritparticulier dans l’esprit général, séparent les citoyens des citoyens,et setuent eiffr’eux des germes inépuisables de confusion et dediscorde.
Je m’expliquerai encore sur la dénomination exclusive delégion djionneur : il n’est pas plus possible d’assigner une placefixe à l'honneur que de régler ses caprices. Tel corps a eu émi-nemment et constamment de l’honneur, parce qu’il en a eu