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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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commun de leurs efforts ; là, tous apprennent qu’on n’appar-tient réellement ni aux fonctions législatives, ni à l’armée, ni à l'ad-ministration, ni à la diplomatie, ni à l’ordre judiciaire, ni aux so-ciétés savantes ; qu'on appartient à la République seule, et queles citoyens ne doivent voir dans les différentes carrières entre les-quelles ils se distribuent, que divers chemins pour arriver au bon-heur de lui être utile.

L’égalité des récompenses ne consacre pas uniquement le prin-cipe par son application au passé, elle porte sur l’avenir la mêmeinfluence. Si l’institution dont le projet vous est soumis, n’étaitqu’un témoignage de reconnaissance nationale pour les guerrierset les citoyens, dont le courage et les talens ont facilité l’établisse-ment de la République , défendu ses premières années, et préparésa prospérité, elle aurait sans doute le mérite d’acquitter conve-nablement la dette la plus sacrée; mais en proportion même dece qu elle ferait pour le passé elle laisserait des vœux à formerpour l’avenir; il n’a pas été négligé par la loi dont l’examen nousoccupe. La légion d’honneur reste ouverte au service militaire etcivil, et afin que l’étendue des récompenses se trouve en proportionavec le nombre des occasions de se distinguer, le dixième desplaces pendant les dix premières années, et ensuite le cinquièmedemeurera vacant pour être rempli à la fin de la première cam-pagne que In République pourra être dans le cas de soutenir.

Avant qu’une mesure de ce genre fut proposée, citoyens tribuns,vous vous seriez demandés souvent avec sollicitude, s’il n’existaitpas une disparité de chances par trop grande, entre lés citoyensqui se destinent aux professmus lucratives, et ceux, qui se consa-crent aux sciences ou aux fonctions publiques. Dès leurs pre-miers pas dans la société, ceux-là rencontrent une multitude d’ex-emples qui les autorisent à concevoir des espérances sans limites ;chaque jour commence ou continue à les réaliser, et cumule avecle salaire du travail passé les ressources de l’avenir, les profits gé-nérateurs du capital, qui doit assurer à ceux dont je parle uneexistence agréable, et quelquefois même les conduire à l’opulence.Cette réflexion s’applique principalement à ceux de nos conci-toyens, qui se livrent aux travaux de l’industrie et du commerce,et elle appartient d’une maniéré particulière à une époque où l’onVoit tous les germes de prospérité prêts à se développer à mesurede I extension que pourront recevoir les moyens déjà pris pour larestauration de l'ordre et du crédit, et surtout en proportion avectontes ies mesures qui peuvent ajouter à la stabilité du gouverne-ment, qui a retiré du gouffre de l’anarchie les destinées du peupleFrançais .

Si nous comparons avec les avantages que nous venons de ré-marquer pour une partie des Français le sort de ceux qui se des-tinent aux fonctions publiques, nous les verrons restreints à destraiteniens médiocres; nous observerons que ces espérances illi-mitées que d’autres peuvent se permettre, leur sont interdites,ous rie nous dissimulerons pas que pour l’âge où le repos leur«viendra nécessaire et pour la subsistance de ceux de leurs pro-c «s qui-peuvent leur survivre, ils ne sauraient espérer du trésor