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ïiational îles secours abondans. Il est bien vrai que leur positionest déjà améliorée, qu’elle le sera beaucoup plus encore, aussitôtque le gouvernement aura pu perfectionner ce qu'il a déjà ébau-ché, en fixant pour chaque carrière l’ordre d’avancement quiconcilie l’émulation et l’ancienneté et qui donne à la lié 1dans l’emploi des hommes, tous les avantages que la division dutravail porte dans les opérations de l'esprit, presqu’au même de-gré que dans les opérations de la main. Nul doute qu’alorsles citoyens qui auront reçu une éducation libérale ne soientplus disposés à se spécialiser pour les différentes branches du ser-vice publique, et que, pouvant fonder leur avenir sur des calculsplus certains, ils ne soient dans une situation intimaient plus con-solante. Mais sous le rapport de la fortune ne restera-t-il pastoujours, entr’eux et les autres classes une différence très-remar-quable? Pourrait-on se flatter de la taire disparaître en fixantavec plus de libéralité le taux des traiteniens et des pensions. Ilest évident que même en prodiguant avec une profusion outrée lesrichesses de l’etat, on serait encore loin d’atteindre un pareil but:heureusement que pour y arriver on trouve dans une autre direc-tion une route sûre et facile ; elle est tracée par l’opinion.
Les historiens et les philosophes ont souvent félicité les étatsqui avaient su choisir des récompenses telles, que les ambitionner,fût déjà un commencement de vertu publique ; très-sûrement ellesn’auraient aucune valeur, si elles étaient distribuées en oppositionavec l’opinion publique. Mais pour peu quelles ne la contrarientpas, elles exercent dans le même sens qu’elle une influence plusdirecte ; elle sont alors à l'opinion, et d’après l’utilité plus immé-diate qu’en retire la société, ce que les monnaies sont aux métauxdont elles sont composées. Si la monnaie morale est jamais sus-ceptible d’un emploi avantageux. C’est sans doute dans notreposition, lorsque la conscience publique l’a frappée de la nécessitéd’adopter tout ce qui peut contribuer à empêcher que la considé-ration soit exclusivement mesurée sur l’opulence.
On n’objectera sûrement pas que les récompenses dont il s’agitne conservent leur prix qu’autaut qu’elles ne sont pas prodiguées,et qu’ainsi elles ne peuvent jamais être que le partage d’un très-petit nombre : il en est de même des places éminentes, dans toutesles carrières, et aussi d’une fortune considérable pour ceux qui selivrent au commerce. Il est évident que dans tous les genres uurésultat élevé ne saurait être atteint que par le petit nombre maisla possibilité d’y parvenir est certainement un surcroît de dotationpour chaque profession qui en ouvre l’accès. C’est la possibilitédiversement appliquée qui compose la majeure partie du bonheurde l'homme ; c’est elle qui sait trouver une consolation pour lejour qui vient de s’écouler, du courage pour celui qui commence,de l’espoir pour celui qui va suivre. Si I on avait quelque doutesur l’empire qu’elle sait prendre, il subirait, pour eu découvrirune preuve singulièrement frappante, de se rappeler quunesomme considérable est versée tous les ans dans le trésor public,par un impôt qui repose sur l’attrait de la possibilité, et que cettecause seule fait trompher du calcul' des vraisemblances, aussi bien