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une monnaie qui la représente et la retrace à tous les yeux ; maisuu moins faudrait-il que cette monnaie fût bien uniquementpersonnelle, et qu’elle ne fût pas frappée aux dépens de la sou-veraineté, inaliénable de la collection de tous les Français .
Sans doute il faut effacer les distinctions nobiliaires aux yeuxde ceux qui les remarquent encore ; mais les effacer et non lescouvrir, les anéantir et non les remplacer, les détruire par desprincipes, et non les combattre par d’autres préjugés ; enfin, nepas tomber dans l'erreur d’une troupe qui aurait vaincu l’ennemisur uu point faible et mal fortifié, et s’y renfermerait ensuitecomme pour lui offrir sa revanche. Je me résume.
Le projet proposé pour payer aux services militaires commeeux services civils, le prix du courage qu’ils ont tous mérités, sadétourne de cet objet par l’établissement d’une institution mili-taire de la plus haute importance.
Cette institution toute militaire dans ses titres, ses formes etson organisation, loin de réunir les services militaires et civils dansun genre de distinction, qui consacre leurs droits égaux et mu-tuels, ne tendrait, en incorporant le civil au militaire, qu’à déna-turer tous les principes sur les relations réciproques qu’ils doiventavoir pour le bonheur de la société.
Le serment exigé des seuls légionnaires contre le retour du ré-gime féodal, et pour le maintien de la liberté et de l’égalité, estinutile, et ne pourrait Être que nuisible ; ces avantages reposentet doivent reposer sur des bases plus étendues et les plus solides.
L’espece de corporation privilégié qui serait établie par le projet,menacerait de former un Etat dans l’Etat ; constituerait un ordreintermédiare, nuisible à côté d’une institution représentative, per-nicieux dès qu’il recevrait des circonstances, toute direction con-traire à son objet.
Enfin le besoin, le devoir de décerner des récompenses auxvertus civiles, aux services militaires, peuvent être satisfaits par(les moyens plus simples, et dont les conséquences ne pourraientoffrir aucun danger.
Je vote le rejet du projet.
Camion de Nizas. Citoyens collègues, il est peu d’entre vousqui n’aient entendu parler du fameux Villepatour, l’uu desplus habiles officiers de l’artillerie Française.
Couvert de blessures et chargé de récompenses pécuniaires,il sol-licitait cette décoration, la seule honorable, parce qu’elle étaitlu seule personnelle. Le ministre lui envoya le brevet d’unenouvelle pension !
Le brave s’indigne. A telle époque, répondit il au ministre, j’ai«u le bonheur de faire une action d’éclat, et j'ai reçu tant de pen-sion.
A telle bataille j’ai été blessé et j’ai reçu une gratification(le tant ; autre blessure, autre pension ; autre blessure encore,autre gratification Ainsi donc par un simple calcul arithmétique,je pourrais savoir au juste le tarif et le prix du sang que je verse ;J aime mieux l’ignorer toujours.