Buch 
1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
448
JPEG-Download
 

448

Ainsi s’exhalait la vertueuse indignation de l'honneur Français contre l’insuffisance des récompenses pécuniaires. ‘

Ce souvenir m’a assailli comme je montais à cette tribune; j’aipensé cpie ces arcens généreux retentiraient avec quelque puis-sance et quelqu’efficacité dans vos âmes.

Je lie me suis pas trompé ; maintenant froids publicistes, puri-tains politiques, quel trésor mettez-vous à côté de cet inépuisabletrésor de l’honneur que le ciel a placé dans le cœur desFrançais 1

C’est cette mine précieuse, cette mine nationale que le génie nepouvait pas négliger d’exploiter.

En effet, ni la grandeur du territoire, ni le nombre du peuplequi l’habite, 11e font seuls la force des Etats.

L’esprit qui les anime est tout ; là, où il souffle, tout s’aggran-dit ; là où il se tait, tout décline.

Des théories nouvelles ont voulu remplacer les antiques no-tions.

Mais je dirai à ces grands calculateurs politiques, allez et inter-rogez les Tliermopvles et les Pyrénées, les champs de Marathon et les plaines de Marengo, et demandez-leur ce que peut la mul-titude contre la vertu !

Oui, collègues, ils étaient membres de la légion d’honneur deLacédémone , ces trois cents braves qui dînaient gaiment auiThermopyles, sûrs de souper chez les morts : apud inferoscœnaturi.

La vertu d’un peuple est de connaître et de garder son caractère,comme sa prudence est de bien juger les circonstances où il setrouve placé.

Les guerres et les révolutions développent les caractères et legénie des peuples : les nations fleurissent et prospèrent souventau milieu des troubles civils.

C’est ainsi que l’Etna se couvre à la fois de laves et de moissonsredevable de la végétation brillante qui couvre ses flancs, au feuqui brûle dans ses entrailles.

Malheur aux peuples si, dans le calme et la paix, au lieu de sereposer, ils s’endorment !

Veillons donc et conservons avec soin cette attitude guerrière,cet esprit d’honneur militaire, dans lequel notre véritable gran-deur réside.

Fermons l’oreille à ces voix trompeuses qui voudraient profiterdes premiers enchantemens d’une glorieuse paix, pour détournernos yeux de ce qui est pour nous la source de toute force et detoute gloire.

Tous les arts ont leur excellence et leur beauté, sans doute;mais les «rts de l’honneur et de la victoire sont les arts véritablesdu Peuple Français , ainsi l’ont voulu la nature, la providencemême. Ainsi le témoigne l'hi-toire.

Il connaissait sa nation, ce monarque qui, vaincu et prison-nier, écrivait : Tout est perdu, hors l homieur.

C’est comme s’il avait dit, et celà fût bien interprété ainsi :