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tout-était perdu; en effet peu d’années après il n’y eût plus ni li-liberté ni constitution.
Les institutions sont pour la société ce qu’une armée est pourune nation, ce qu’un avant-poste est pour une armée.
Une nation voulant se livrer paisiblement aux arts qui la Mû-rissent ou qui la décorent, tient sur pied une armée qui empêcheque ses voisins, par une irruption subite, ne ravagent ses champset ses atteliers.
Une armée sous la tente veut se livrer au repos que la nq.ture réclame, un avant-poste veille pour que l’année ne soit passurprise.
Ainsi, l’avant-poste, même défait, donne à l’armée le teins d’a-battre ses tentes et de paraître en bataille.
Ainsi, l’armée, même détruite, a donné, par sa résistance,le teins à la nation de se lever en pied et de repousser l’en-nemi, si cela est encore dans sa puissance ou dans sa des-tinée.
Il est donc très-vrai que les institutions sont aux corps poli-tiques ce que sont à la masse des peuples les armées, aux arméesles avant-postes.
J’explique toute cette théorie eu l’appliquant à l’objet qui vousest présenté.
Quel est l’intérêt qui fonde l’état nouveau de la France ? je l’aidéjà dit au tribunal, le déplacement du pouvoir et encore plus ledéplacement de la propriété; car les maximes et les principesécrits ou professés qui peuvent changer à toule heure, ne fondentrien, 11e créent point d'intérêts ; il n’y a que des insensés qui puis-sent s’y contier.
Le nouvel ordre de chose est donc principalement fondé sur lechangement d 'existence de la plus part des Français .
Il s’agit de faire (l’une position, résultat des circonstances etmomentanée de sa nature, un état permauent, fixe et durable.
Les acquéreurs de domaines nationaux sont proprement l’arméede cette nation nouvelle.
Or, voici une avant-garde qu’on donne à cette armée, afinqu’elle puisse se reposer sous ses pavillons ; cette avant-gardeest composée de plus braves entre les guerriers vainqueursde l’Europe , des plus dignes entre les magistrats que ces vain-queurs honorent.
J’ai, si je ne me trompe, fait entendre 111a pensée, établir les rap-ports que j’appercevais.
J’ai signalé le véritable esprit, la vue principale d’un plan qui,selon moi, prouve plus que tout le reste à quel degré de consis-tance et de maturité est parvenue la pensée de la république, nonseulement sur le papier, ou même sur le champ de bataille, tuaisce qui est bien plus intéressant dans la tête et dans le cœur de ceuxqui l’administrent.
Le directoire et les comités qui l’ont précédé, n’auraient ja-aiais adopté une pareille mesure ; il n’eût peut-être pas même été