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Nous n’avons rien perdu, l’honneur nous reste.
Voyez ce qu’il en a coûté, de nos jours, pour avoir laissé étein-dre ce feu sacré.
Le génie des Français était méconnu ; l’honneur militaire s’é-vanouissait : leur existence était menacée.
Car tel est le caractère du peuple Français, qu’il faut qu’il soitle premier ou le dernier des peuples; point de milieu, nous nVvons pas les vertus de la médiocrité.
Déchus du premier rang, nous allions tomber rapidement audernier.
Il (allait que la France périt, ou qu’elle arrachât les rênes au*mains de ses guides imprudens.
Dans cette alternative, le choix n’était pas douteux ; telle est lacause, la véritable cause de leur chûte.
Il ne faut pas qu’ils s'y méprennent, ni que l’Europe s’y trompe.
C’est par des miracles que nous sommes rentrés au rang quenous n’aurions jamais dû perdre.
Le peuple Français a fait une campagne longue et glorieuse ;il est teins que ses tentes triomphantes, que ses pavillions victori-eux se changent en édifices solides, en portiques durables.
Le vaisseau de l’état a doublé heureusement le cap des tempêtes ;il est teins qu’il jette l’ancre profondément.
Cette ancre, ce sont les institutions belles et fortes qui lient lecaractère d’un peuple à ses destinées.
Depuis qu’on nous parle institutions, et tous les gou-vernemens nous en ont promis, voici la première fois que je voisune organisation, un plan réel et sérieux, et, selon moi, très-utile.
Les institutions sont ces moyens heureux, ces arts puissans,dont parle Salluste (imperium iis artjbus facile retinetnr quibus ini-tio partum est), qui conservent les empires eu maintenant lVspritet l’intérêt qui les fonda.
Les institutions sont i’imaae même de la société. Elles sontun cadre où cette image se réfléchit ; elles sont ou doivent êtretellement l’essence de l’établissement public lui-même, telle-ment composées de ses élémens les plus purs, que si ces in-stitutions déclinent, les peuples soient avertis qu’ils courent àleur perte, que la constitution est altérée, et qu’il est tems de seréformer.
Je compare la société dans les tems tranquilles, à un ras-semblement d’hommes attentifs à des travaux qui les arrachent ;ils ne s’apperçoiveut pas de la fuite du teins, et §e laisseraient sur-prendre par la fuite du jour.
Une pendule qui marque les heures, les avertit. Voilà l’imagedes institutions.
La censure distributrice de la louange et du blâme était une in-stitution tutélaire, qui conserva long-tems les mœurs (fi s Ro-mains. Dès qu’un chevalier Romain passant une revue de-vant (e penseur eût osé le braver, l’observateur put juger que3 M