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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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autres nations. On peut le regarder comme une de ees institii.tions qu’il faut respecter lors même qu’on voudrait s’en affranchirparce qu’elles intéressent la sûreté de ses voisins. L’Europe estune grande famille, dont chaque partie est astreinte aux lois adop.tées pour Ja conservation de toutes. Chaque nation est bienmaîtresse sans doule de faire dans son intérieur tout ce qu’ellejuge utile à ses intérêts, conformément aux principes de la majo-rité des hommes quf la composent. Mais si, par ses mesures, elletend à troubler la paix, ou à modifier l'existence des autres peu-ples, c’est alors que les peuples intéressés à leur propre conser-vation, peuvent lui faire rendre compte d’uue conduite qui leurdevient préjudiciable. Un homme pourrait-il avoir, pour me ser-vir des expressions d’un écrivain moderne, l’horrible droit de sedonner la peste ? Eh bien, une nation qu’on peut, relativementaux autres, comparer à un individu, peut-elle jeter au milieud’elles un germe contagieux aussi expansif de sa nature que ra-pide dans sa communication, que désastreux dans ses effets?Sans doute on était loin de ces principes, lorsque la loi du Ui Plu-viôse an 2 fut rendue. Mais alors la république pensait seule-,ment à se défendre, et quand on conspirait sa ruine pouvait-elleveiller à la conservation de ses ennemis] Aujourd’hui que la fu-reur de Ja guerre a fait place aux idées sociales ; aujourd’hui «luela France s’est replacée avec gloire au rang quelle occupe dansJa famille européenne , elle doit reprendre l’esprit de famille, etcoordonner autant qu’il sera en son pouvoir, ses institutions aveccelles des autres peuples, pour conserver cette harmonie de prin-cipes qui tend à maintenir les sociétés, et à perpétuer la paix sinécessaire au bonheur de toutes les nations.

Cette maxime si vraie, qu’en remplissant ses devoirs à l’égarddes autres, on sert ses véritables intérêts, vient trouver ici son ap-plication. Lorsque le gouvernement donne un gage de sécuritésur ses véritables intentions à l’égard du régime colouiel à tousles peuples de l’Europe , il conserve à la république une partieprécieuse de la population Française ; il assure au commerce cesriches denrées de la zone torride, devenus aujourd'hui pour nousdes objets de première nécessité ; il offre à nos manufactures desdébouchés de leurs produits; ii active l’industrie nationale, la navi-gation détourne les capitaux de leur emploi usurier, pour leurdonner une direction plus productive, plus utile à l’intérêt géné-ral ; enfin en offrant par là à une nombreuse partie de la popula-tion du travail, et de l’aisance, il augmente la consommation desproduits agricoles, ajoute à la richesse du cultivateur, et augmentecelle de l’état.

Si, au contraire, le gouvernement se fût laissé entraîner pard’autres vues, s’il eût brisé instantanément les fers de tous lesnoirs, la population européenne eût bientôt disparu de nos colo-nies ; la culture eût été abandonnée, plus de réproduction de det>rées coloniales, plus d’échange avec la métropole, plus de moyensde revivifier l’industrie, la navigation, d’alimenter une grande par-