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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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pour les acquéreurs de biens nationaux ; non, rien ne peut plusalarmer ces légitimes possesseurs ; qu’ils reposent en paix ; l a jus-tice et les lois de la nation assuraient leurs droits, la victoire leja confirmés ; la religion les a nagueres consacrés, et aujourd’huienfin 'a légion d’iionneur achevé de les établir d’une maniéré iné-bianlalde.

Nous croyons inutile, citoyens législateurs, de développer cetleseconde vue qui a inolivé notre adoption, et qui nous a paru émi-nemment sage.

L>- projet de loi sur la légion d’honneur exécute donc d’unemanière digne du peuple Français l’article 88, de la constitution,qui a voulu que des récompeuces nationales fussent décernées auxdéfendeurs de la patrie ; et elle porte ces récompenses aussi loinqu’il convient de les porter parmi nous ; ses principes sont con-formes à ceux de la constitution et de la philosophie, et par l’iugé-nieuse dotation des légionnaires en bien nationaux, l’inté-rêt public se trouve associé à ce grand acte de' recon-naissance.

L’âme délivrée des pressentimens sinistres qui nous environ-naient, passons maintenant, citoyens législateurs, à l’examen dela seconde partie; examinons la question des récompenses quela constitution n’assigne pas, et que le projet de loi assigne à ceuxqui ont rendu de grands services civils.

Nous considérerons aussi cette question sous deux points devue.

lo. Malgré le silence de la constitution, la loi doit récom-penser les services civils.

2o. Elle ne peut poiut le récompenser plus convenable-ment qu’en admettant les fonctionnaires publics dans la légiond’honneur.

Les services militaires sans doute ne peuvent être trop récom-pensés. Quelques époques de notre révolution ajoutent à la va-leur ordinaire de ces services une valeur inappréciable, si on serappelle que les armées pendant long-tems, ont soutenu seules lagloire de la Fiance , tandis qu’au-dedans la discorde insatiable dé-vorait jusqu’aux familles des défenseurs de la patrie: en cesteins, où un espiit ennemi régnait dans le sein de la cité, oneût dit que l’esprit national avait reflué tout entier sur nosfrontières.

Toutefois les armées auraient x'aincu inutilement, si l’aftreusediscorde avait continué de dominer parmi nous : si le courage ci-vil n’avait point animé ceux qui mirent un terme aux fureurs po-litiques (on ne peut se le dissimuler) nos armées auraient en vaincouvert- l'Allemagne et l’Italie de leurs trophées; depuis loug-tems elles marchaient de conquête en conquête ; leurs exploitsgigantesques frappaient l’u ivers d'étonnement, et rendaient à lapâtre l’espérance et la joie. Cependant, la paix s’éloignait de-vant leurs victoires; elle s’éloignait parce que nos désordres ci-vils n’ofî'raient aucune garantie à nos voisins; parce que les peu-