Buch 
1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
469
JPEG-Download
 

469

pies craignaient pour eux-mêmes la contagion révolutionnaire quinous dévorait ; toute communication rouverte avec nous leur pa-raissait fatale ; pour atteindre la paix, l’ordre intérieur était unevictoire nécessaire à laquelle toutes les autres conquêtes ne pou-vaient point suppléer ; et devant cette grande considération, lesservices civils prennent un caractère si auguste, que leur récom-pense devient aussi un devoir national et sacré.

Mais pourquoi les diverses constitutions qui ont promis des ré-compenses militaires, n’en promirent-elles point de civiles ?

Cts promesses ayant été faites par des législateurs au nom dupeuplequ’ils représentaient, il est facile de sentir pourquoi ies ser-vices civils ne furent point inscrits dans la loi des récompenses.Certes, lorsque vous proclamâtes la reconnaissance nationale vousvoulûtes oublier qu’en révolution la carrière politique est une lireoù l’on se se livre un combat perpétuel ; vous voulûtes l’oublier ?Cependant, chaque jour entourés de clameurs séditieuses, envelop-pés de pièges perfides, ne combattiez-vous pas chaque jour pourla république 1 que de nuits même, que de nuits passées en pré-sence d’ennemis furieux sur ces bancs où les factions ont choisi'tant de victimes! Comme le champ de bataille cette enceinte11’était-elle pas couverte de poussière, baignée de sang ; mais à

cette porte s’aiguisaient les poignards.là se dressaient les

échafauds.

La mort que l’on trouve dans les champs est au moins honora-ble : le fer, il est vrai, est quelquefois plus terrible que la mort,des blessures profondes laissent d'affreuses cicatrices : celui quipartit dans tout l’éclat de sa jeunesse, revient sous le toit pater-nel, abattu, se traînant avec peine ; que de larmes répandues sousle toit paternel! que de regrets ! mais à ees regrets succédé unenoble fierté. Les égards respectueux de tout ce qui l’envi-ronne, adoucissent les maux du guerrier, et le sang qu’il aver-é sur le champ de bataille, produit, du moins, une gloireassurée.

Le sort des hommes publics est quelquefois plus terrible. Sinous opposons à ce tableau d’un guerrier mutilé, le tableau d’unevictime politique ; si nous interrogeons la liste sanglante, si nousinvoquons l’ombre d’un magistrat ou d’un législateur, victime dela multitude ou de la tvraunie, qu’elle scène affreuse s’ouvre de-vant nous!.Ici l’inlrepide magistrat s’agite au milieu

d’une foule égarée ; il s’efforce de faire entendre sa voix ; il mon-tre à tout, les signes augustes de sa puissance ! Mais ces forcenéspoussés par les furies, veulent du sang, le sang peut seul les sa-tisfaire. Le magistrat s’oppose vainement à leur rage ; assaillide tous côtés, il brave les injures; il brave les menaces, an pér:lde ses jours, il veut appaiser la révolte ; il veut au péril de sesjours sauver la victime qu’on poursuit ; il la couvre de son man-teau, la presse contre son sein, et percé de mille coups, il tombe

avec elle expirant. Le magistrat périt ! .-Aura-

t-il du moins un tombeau! Non, citoyens; pour lui point de