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blioiie. -Ces prétentions rivales nourrissent lies jalousies sécrétés,forment tin esprit de corps souvent funeste. La lésion d’houncurteiul à détruire cet esprit de corps et ces prétentions rivales: elleréunit les militaires, les magistrats, ies administrateurs, ies artistes,les savaiis les plus distingués. Revêtus de la même distinction, onverra s’établir eutr’eux, une sorte d'égalité fraternelle ; et cet heu-reux système d’union établi entre les légionnaires se propagerasansuloute dans la société. Telles sont les vues principales quiont mérité les soufflages du tribunat au projet de loi cpii nous oc-cupe. Les récompenses militaires et civiles nous paraissent orga-nisées dans la légion d’honneur d’une maniéré digue de la grandeurde la nation, proportionnée aux services rendus, et conforme auxlois fondamentales de la république. Nous avons approuvé les dé-tails d’exécution connues ies bases du projet. Nous avons recon-nu dans la composition du grand conseil d’administration, cettemarche sage et modérée, toujours guidée par l'esprit constitutionnel,et qui consacre à chaque pas le .système représentatif et les grandsprincipes d’ordre civil et politique. Nous avons vu, et vous verrez,sans doute, avec un intérêt d’homme et un orgueil de citoyen, cesquinze asyles hospitaliers ouverts dans les chefs-lieux de cohortes,qui nous promettent quinze établisscmens, si non aussi somptueux,du moins aussi utiles que la plus belle des institutions du siècle deLouis IL
Voilà les présages que le présent offre naturellement à l’a-!venir, et que justifient deux années de prodiges. Livrez-vous, ci-toyens législateurs, à ces heureux présages ; organisez les récom-penses militaires et civiles. Unis d’intention et d’esprit avec ungouvernement réparateur, continuez jusqu'à la derniere heure devotre session, jusque dans le sein de la nuit, à consolider cette ré-publique immortelle qui dépuis six semaines a vu consacrer daqscette auguste enceinte des lois favorables au crédit, à l'instructiivupublique ; des traités de paix dignes de la grande nation que vousreprésentez, et des institutions religieuses aussi chères aux besoinsdes peuples qu’à la tolérance et à ia philosophie. Au-dessus desallarmes vaines, terminez, comme vous l’avez commencée, la ses-sion la plus courte, mais la plus glorieuse, la plus chere à la France :et de retour dans vos foyers, entourés des bénédictions universel-les, vous direz à vos concitoyens. Nous avons semé des récom-penses pour recueillir des vertus.
J’émets, au nom du tribunat, son vœu d’adoption sur le projetde loi qui crée une légion d’honneur.
Le corps-legislatif ordonne l’impression.
Roederer, législateur, un représentant de la nation disait, il,ya quelque années, ces paroles remarquables :
“ L’art de gouverner les hommes n’est que l’art de s’emparer de“ leurs passions et de les diriger vers un but proposé. Uue femme“ ordinaire en sait plus là-dessus que ceux qui se mêlent de donner“ des lois aux nations.
“ Nos assemblées nationales ont manqué le, but. El les, ont bieii