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fombeau, point d’honneurs, point de pompe funèbre pour Ini<. - Ses membres déchirés, exécrables trophées d’une fouleen délire, sont portés en triomphe jusrpie sur le seuil de sa de-meure. Ses amis, osant à peine, et en silence, plaindre son sorl;
iis fuient devant ses restes. lia trahi le peuple, s’écrie-
t-on de tous côtés, il a trahi le peuple; et sa mémoire flétrie n’estpour sa famille que le présage sinistre d’une ruine prochaine.
Plus loin, voyez cette multitude qui couvre la place publique.Un empressement joyeux semble à peine l’agiter ; tranquille, dieparait célébrer une fêle ; elle se presse autour d’un char qui
roule lentement au milieu d’elle.C’est un char funèbre!
îl porte à l’échafaud ce législateur dont les tyrans redoutaient lecouïage. Le législateur, victime, au fiont calme, contemplecette foule qui, peut-être, lui prodigua jadis tant d’acclamationsbruyantes ; il cherche quelques consolations dans les regards de sesconcitoyens; il espere y lire, au moins une indignation cachéecontre les tyrans : vain espoir !
Il a trahi le peuple, s’écrie-t-on de tous côtés, il a trahi le peu-ple, et tous les yeux se détournent de lui avec horreur; il ne voitpoint l’instrument du supplice déjà levé sur sa tète; son âmetoute eutiere souffre de l’ingratitude publique, et le terme fatalarrive sans consolation pour lui, sans espoir pour les erifans qu'ila laissées privés d’appui, privés d’houueur, à la merci destyrans.
N’arrêtons pas davantage nos regards sur ces tristes tableauxqui retracent à chacun de nous tant de noms honorables et tant desouvenirs douloureux. Cette exquisse rapide suffit sans doutepour rappeler à tous, que dans les teins de révolutions, la carrièrepolitique est une lice où se livie un combat perpétuel.
Dans l’intervalle des révolutions, ce combat cesse, il est vrai;mais alors la carrière publique est remplie de ces longs travauxqui maintiennent les sociétés, les instruisent, les honorent, et con-servent au milieu d’elles le bienfait des lumières et des lois ; demême qu’après la guerre, l’armée se borne à des services moinsbrillons, moins pétilleux, suais non moins utiles.
Il fallait donc suppléer au silence de la constitution, et récom-penser les services civils ; c’est ce que le projet propose ; il dé-clare que les fonctionnaires publics pourront être admis dans lalégion d’honneur, pourvu qu’ils aient fait partie de la garde na-tionale.
il ne s’offrait pas, citoyens législateurs, de parti plus convena-ble ; en écartant ce mode, il eût fallu créer des écharpes d'hon-neur, ou toute autre distinction civile ; mais outre l’inconvénientde multiplier de pareilles institutions, la sagesse du projet de loinous paraît démontré par l’observation suivante.
La légion établit un centre d’unité entre les citoyens qui rem-plissent les emplois civils et militaires ; elle atteindra par ce moyenun bût très Utile. En effet, chacun des divers états de la sociétéprétend avoir des dioits de prééminence à la reconnaissance pu-