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Ceux de ses membres que je viens de nommer eussent frémid’horreur à l’idée seule des maux qu’on a fait commettre, en exa-gérant leurs vœux, leurs principes, leurs maximes.
Et si on demande à ceux qui ont parlé de liberté, qui ont donnéla liberté, au nom de l’humanité, dans ces contrées lointains, cequ’ils ont fait effectivement pour elle, quelle affreuse, quelle cruelleréponse ne trouvera-t-on pas dans ce déchirant tableau des mal-heurs qu’ib ont causés?
Ne peut-ou pas leur montrer la plus brillante colonie, qui bien-tôt nous sera rendue, par la destruction d’mi reste de brigands,long-tems livrée à la dévastation et au carnage? les maisons descités et les habitations des plaines, dévorées par les flammes?la population blanche abandonnée à une horde de barbares? labeauté et l’innocence victimes de la férocité la plus sauvage, dela cruauté la plus atroce? et les auteurs de tant de crimes sepunissant par leurs propres mains, au sein de la discorde et d’unerage tournée coutr’eux mêmes, des crimes qu’ils avaient commis?et ette population nagueres laborieuse, utile et moins malheureusequ’elle ne le parait sans doute, presqu’eutiereinent anéantie parles suites de ses fureurs ?
Est-ce au nom de la sainte humanité que tant d’hécatombessanglantes ont inondé ces plaines jadis si riantes, ces vues, cesports, ces quais si riches, si opulens, si peuplés.
Non, sans doute ; mais c’est en son nom qu'on porte la loi quimet un ternie à ces désespérantes calamités, et qui en empêcherale retour.
Et qu’on ne dise pas qu’on fait rétrogader vers des idées pros-crites, vers des principes de législation abrogés ?
Pendant les révolutions on marche par élan, on ne mesure pasle chemin qu’on parcourt ; on cede à l’enthousiasme qui entraîne,plutôt qu’à la raison qui arrête. On dépasse le but qu’on veutatteindre.
Mais quand la révolution est finie, on juge sa position, on me-sure le chemin qu'on a fait ; la sagesse consiste à regarder alorsderrière soi, et à revenir au point qu’elle nous a marqué.
Sans doute alors il est nécessaire, juste, honorable de rétro-grader. C’est ainsi que la république, dévorée par l’anarchie il ya trois aus, menacée par tous ses voisins au-dehors, dévouée au-dedans à tous les maux, et aujourd’hui pacifiée, triomphante, arétrogradé vers le repos, vers la paix, vers l’ordre, vers la stabi-lité, vers le bonheur, vers la vraie gloire; c’est ainsi que la libertéet l’égalité, la paix et l’espérance nous restent ; c’est ainsi, légis-lateurs, que vous pouvez, à l’aide de la loi que vous allez voter,voir la plus puissante nation agricole, devenir puissante aussi parson commerce et son industrie ; et sa force territoriale s’unissant ilsa force maritime, pour «assurer, non sa domination, mais sonrepos, non pour se faire redouter, mais pour l’empêcher de rteucraindre, vous serez certains (le la durée de la paix du monde.
Le corps legislatif ordonne l’impression.