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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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factures, et rapporter en échange, mais avec un immense désavan-taire, les denrées coloniales dont le luxe, et plus encore l’hubt*tude, ont fait un besoin pour une partie de la nation ?

Avec les colonies, an contraire, la métropole fait un commercequi la rend indépendante des états voisins. En échange de laprotection qu'elle leur accorde, des avantages qu’elle leur assure,elle se réserve le droit exclusif de leur approvisionnement d’Eu-rope , que la nature n’a pas permis à leur sol de produire; elleseule peut extraire de leur ports les riches et abondans produits deleur culture, et les offrir sur nos marchés aux besoins des con-sommateurs, ou aux spéculations des négocians.

C’est ainsi que l’on a vu et que l’on reverra fleurir le commercede Bordeaux, de Nantes, de la Rochelle ; c’est ainsi que l'affran-chissement de l’Escaut appelle Anvers à être aussi un vaste, mag-nifique et opulent entrepôt.

C’est ainsi que la masse des capitaux diminuée, s’accroîtra avecrapidité. Et vous le savez, législateurs, les capitaux commer-ciaux d’une nation ne sont pas composés seulement de son numé-raire effectif, mais de toutes les valeurs mobiliaires qu’elle peutoffrir en échange aux états voisius, et placer dans la balance deses transactions avec eux.

Des magasinspleins de sucre, de coton, de café renfermaient avantla guerre, et renfermeront bientôt des capitaux qui feront renaîtrel’aisance sur les places maritimes ; et seront le gage d’un créditqui décuple les richesses effectives d’un peuple.

Eli bien ! ces capitaux, c’est du sol colonial qu’il faut les tirer ;c’est-là qu’on peut recueillir cent pour un des avances qu’on faità la culture, et qu’on peut ouvrir à la république une sourceféconde et rapide de réproduction et de réparation de ses pertes.

Et on ne peut attendre tous ces avantages qu’en rétablissant, ouplutôt en conservant aux colonies désignées dans la loi, le régimequi y est établi, et qui commandé par la politique et par l’intérêtcommercial de la république, l’est aussi par l’humanité.

L’humanité ne consiste pas dans les déclamations sentimentales,dans le fastueux étalage de quelques phrases bannales que l’es-prit le plus médiocre prête souvent au cœur le plus froid.

L'humanité ne veut pas qu’on s’appitoye avec exaltation sur lesort de quelques hommes, et qu’on cherche à leur procurer desbiens douteux, en exposant une autre partie de l’espèce humaineà des maux certains et terribles.

Personne plus que moi ne rend justice à cette société des amisdes noirs, formée d’hommes si opposés de principes, que la faulxrévolutionnaire a moisonnés presque tous, et parmi lesquels jecomptais mes plus honorables amis, Dupont (de Nemours) Laroche-foBcault et plusieurs autres noms respectables.

Cette société, même au milieu de l’exaltation de ses sentimens,au sein de quelques erreurs, respectables quand elles sont adoptéesde bonne-foi, était loin de vouloir les secousses violentes, dont sonexistance et ses écrits ont été la source ou le prétexte.