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On admire la retenue et la modération des réponses de M.Aridiugtou et de Lord Hawkesbury, qui honorent ainsi le carac-tère ministériel ; mais il n’est pas en Europe d’homme un peuclairvoyant, qui ne sente qu’il dépendrait d’eux de faire retombersur Lord Gmiviile, tout le poids des incroyables reproches qu’illeur adresse.
Il veut les rendre responsables des avantages que donne à laFrance le traité de Lunéville , mais est-ce par la faute du nouveaumraisterejrjiie la Russie abandonna la coalition ? Est-ce par sa fauteque l’Autriche fut obligé de s’isoler et d’établir des négociationsséparées ? Est-ce par la faute du nouveau ministère, que l'An-gleterre manqua l’occasion de négocier de concert avec l’Autriche «I la Russie . Est-ce la faute du nouveau ministère, si les états duMord réveillèrent la question de la neutralité, et engagèrent avecenthousiasme une querelle qui, toute légitime qu’elle était poureux, pouvait être si facilement évitée par l’Angleterre.
L’Angleterre a eu, depuis l'an 7, trois époques pour négocier.
1. L’époque du lt* Brumaire. . La France régénérée, la Ven-dée pacifiée, l’esprit national revivifié, devaient faire pressentiraux Anglais l’ascendant qu’allaient reprendre nos armes. Le mi-nistère qui les gouvernail alors, dédaigna cette belle occasion oùil eût pu négocier de concert avec l'Autriche, la Russie, la Bavière ,le roi de Naples, le grand Seigneur et le Portugal . Il eût portédans la négociation, tous les avantages d’une coalition très-forteet naguère victorieuse, avec celui que lui donnait la possibilité derallumer au milieu de nous la guerre civile encore fumante.
Non-seulement il méconnut ou négligea ces avantages sentis partout homme doué d’un peu de sagacité ; mais il répondit à desouvertures franches et amicales, par des refus grossiers : ils pro-duisirent l’inévitable effet de donner un nouvel élan à une nation,de laquelle on est toujours sûr d’obtenir des prodiges au nom del’honneur et de la patrie.
2. La seconde époque fût celle où l’armée de Suwarrow étantrentrée en Pologne, la Russie se trouva décidément séparée de lacoalition; celte époque n’offrait pas, il est vrai, tous les avantagesde la première, mais l’occasion était encore belle ; l’Angleterrepouvait espérer de faire cause commune, dans un congrès avecl’Autriche, le Portugal, le grand Seigneur et la Bavière ; et sesalliés s’y présentaient sous l’auspice d'armées encore victorieuses.Au lieu de faire la paix avec la France, le ministère Britannique se fit de nouveaux et grands ennemis. Il insulta à Paul Ier enrefusant l’échange des sept mille Russes faits prisonniers dans laridicule expédition où il l’avait engagé ; il insulta à la mêmepuissance en la contrariant sur ses projets insignifians pourlordreet l’île de Malte. Il insulta à tous les Etats du Nord, enaggravant, par une absurde avidité, des différends qui fallait ter-miner, il aigrissait, il irritait, là où les plus simples idées de po-rtique prescrivaient d’adoucir et de concilier.
3. 11 fut enciore une troisième époque, où le ministère Anglais
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