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aurait pu et dû faire la paix ; je veux dire celle des préliminairessignés par M. Saint Julien. L’Italie venait d’être reconquise àMarengo ; l’Autriche s’était empressée de traiter avec la France et elle avait obtenu la paix à des conditions plus honorables, queles circonstances ne devaient le lui laisser espérer. Ces conditionscomparées à celles de Campo Formio, amélioraient sa situationque ses revers auraient dû empirer. C’était sans doute le mo .ment où le ministère Anglais devait entamer des négociationsparticulières. Il parut en effet sortir de son assoupissementmais, toujours eu arriéré de six mois, il voulait négocier en com-mun avec l’Autriche. Pour penser que le gouvernement Français put y consentir, il fallait le croire bien inepte, ou supposer qu'ilignorait tout-à-fait la situation de l’Europe . Ne pouvant amal-gamer sa paix avec celle de l'Autriche, le ministre Anglais voulutqu’elle fit la guerre avec lui, et Lord Minto qui a bien ses raisonspour se montrer maintenant le soutien de Lord Grcnville, LordMinto si ministériel jusqu’ici, et aujourd’hui si prononcé dans l'op-position, parvint alors à aveugler la cour de Vienne sur ses plusprécieux intérêts. Elle se livra encore une fois aux funestes con-seils dont il était l’organe, et encore une fois le sort de la monar-chie Autrichienne se trouva compromis. Ce ne fut enfin qu'aprèsle traité de Lunéville , et lorsque les nouveaux ministres eurentpris le timon de l’état que l’Angleterre entama des négociationssérieuses. Il n’était plus question pour elle de se mêler desaffaires du continent; il avait fait sa paix sans qu’elle y concourut;la roideur et la malveillance de Lord Grenville avaient repoussétoutes les occasions d’y contribuer, et fait évanouir toute possibi-lité d’une nouvelle coalition contre la France . Alors que pou-vait attendre la nation Anglaise de son nouveau ministre'! Qu’illui conservât dans l’Inde une possession inappréciable, Ceylan,qui ne peut être évalué ; aux Antilles , la plus belle et la mieuxplacée des îles qu’elle avait conquises.
Nous ne comptons pas réfuter phrase par phrase tout le discoursde Lord Grenville : ce n’est pas nécessaire pour montrer qu’il estseul responsable de tout ce qu’il reproche aux anciens ministres.Si l’Italie est sous l’influence Française , il en est seul la cause; siNaples <ji recouvré son indépendance politique, c’est dû à I ha-bileté de son successeur. Si le Hanovre fût séquestré par le roide Prusse, et sur le point d’être occupé par la France , ce fut lafaute de l’ancien ministère ; s’il a été sauvé et n'a rien perdu enEurope , c’est à la prudence des nouveaux ministres qu’il en a 1 obli-gation.
Que l’Angleterre ait des marins braves comme tous ceux quoului connaît, des amiraux dignes de les commander comme LordSaint Vincent, des officiers intelligens et actifs, comme Sydney
Smith, des négociateurs loyaux, fermes, concilians, comme
Loro
Cornwallis et Lord Saint-Hélens, des financiers habiles comme
M.
Pitt... • tous ces hommes distingués ne la maintiendraient pas ailrang qu’elle est destinée à occuper, si, à la tète de son cabinet, e e