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il y en a cependant quelques-uns ou entre l’orpiment, car souventils exhalent par la chaleur, une odeur très-sensible d’arsenic; onreconnaît la présence du fer dans la couleur jaune en enlevant d’a-bord le vernis par l’esprit de vin et en faisant chauffer ensuiteflans l’acide muriatique ; celui-ci se colore en jaune, et donne dubleu de Prusse par le prussiate de potasse. Il y a aussi des cou-leurs jaunes qui sont faites avec des substances végétales, telles quele terra mérita ou curcuma.
Quant à l’arsenic, il est difficile d’en rassembler une assez grandequantité pour le soumettre à beaucoup d’expériences ; le seul mo-yen que nous ayons employés pour nous assurer de son existence,c’est ( le feu du chalumeau ; et toutes les fois qu’il s’en est trouvé dansla couleur, on a remarqué une odeur de souffre, et une odeur plusou moins marqué de l’arsenic qui lui succédait.
Nous devons avertir cependant que nous n’avons pas trouvécette substance dans tous les jaunes.
4°. La couleur bleue est formée par la prussiate de fer ou bleude Prusse , ce qui prouve sa décoloration par les alkalis, et la pro-priété qu’acquirent ceux-ci, de donner du bleu de Prusse avecune dissolution de fer.
5°. Le noir nous a paru n’èîre autre chose que du noir de fu-mée délayé dans du vernis à l’essetire ; il est rare que les bijouxsoient entièrement peints à cette couleur; on ne l’emploie qu’àmoucheter et à marbrer le verd.
6 e . Les blancs dont on peint les figures des poupées, et autresobjets, sont faits avec la céruse broyée à l’essence.
En général, toutes les couleurs sont délayées dans un vernis àl’essence et appliqué sur une couche de blanc d’Espagne , ou decéruse à la détrempe. D’après ce qui vient d’être exposé onvoit que les substances qui sont le plus souvent et le plus abon-damment employées pour peindre les jouets d’enfans, sont lecuivre, le plomb, le fer, le bleu de Prusse , et quelquefois l’orpi-ment; or, il est évident que plusieurs de ces objets peuvent de-venir dangereux pour la santé des enfans, qui naturellement por-tent à leur bouche tout ce qu’ils ont dans les mains ; il est vrai queces poisons sont recouverts d’un vernis, qui s’oppose à leur mé-langé avec la salive; néanmoins on ne peut se dissimuler qu a lalongue, et par un frottement continuel de la part des gencives, cevernis peut se détacher, la couleur se délayer dans la bouche etoccasionner des accidens chez les enfans, dont les organes sontplus sensibles aux effets des poisons, que ceux des adultes.
Ainsi, nous pensons que la vente des jouets d’enfans, peintsavec le cuivre, le plomb, et surtout l’orpiment, doit être défendue,avec d'autant plus de raison que la plûpart de ces couleurs peu-vent être remplacées par des couleurs végétales.
Au reste, la plûpart des jouets que l’on fabrique à présent, sevendent en blanc, ou se peignent avec des couleurs végétales,car ce n’a été qu’avec peine et beaucoup de recherches, que nousavons pu nous procurer ceux sur lesquels on a opère.