ses pas, et le protège, sans qu’il la réclamé. Dans lé cours d'uneanné difficile, au milieu d’une pénurie générale le pauvre ne s’estpoint défié des soins du gouvernement: il a supporté avec cou-rage des privations nécessaires, et les secours qu’il avait su at-tendre, il les a reçu avec reconnaissance.
Le crime de faux n’est plus encouragé par l’espoir de l'impu-nité. Le zèle des tribunaux chargés de le frapper, et la juste sé-vérité des lois, 'ont enfin arrêté le progrès de ce fléau qui meua-çait la fortune publique et les fortunes particulières.
Notre culture se perfectionne et défie les cultures les plus van-tées de l'Europe . Dans tous les départenrens, il est des cultiva-teurs éclaires qui donnent des leçons et des exemples. L’éduca-tion des chevaux a été encouragée par des primes ; l’améliorationdes laines, par l’introduction des troupeaux de races étrangères.Par tout des administrateurs zélés recherchent et révèlent les ri-chesses de notre sol, et propagent les méthodes utiles et les résul-tats heureux de l’expérience.
Nos fabriques se multiplient, s’animent et s’éclairent ; émules en-tre elles, bientôt sans doute, elles seront les rivales des fabriquesles plus renommées dans l’étranger. Il ne manque désormais àleur prospérité, que des capitaux moins chèrement achetés. Maisdéjà les capitaux abandonnent les spéculations hasardeuses del’agiotage, et retournent à la terre et aux entreprises utiles. Plusde vingt mille ouvriers Français , qui étaient dispersés dans l’Eu rope sont rappelés par les soins et par les bienfaits du gouverne-ment, et vont être rendus à nos manufactures.
Parmi 110 s fabriques, il en est une plus particulière à la France ;que Colbert échauffa de son génie. Elle avait été ensevelie sousles ruines de Lyon : le gouvernement a mis tous ses soins a Peuretirer. Lyon renaît à la splendeur et a l’opulence ; et déjà dusein de leurs ateliers, ses fabricaus imposent des tributs au luxe del’Europe . Mais le principe de leurs succès est dans le luxe mêmede la France ; c’est dans la mobilité de nos goûts et dans l’in-constance de nos modes, que le luxe étranger doit trouver sonaliment ; c’est là ce qui fait mouvoir et vivre une populationimmense, qui, sans cela, irait se perdre dans la corruption et dansla misere.
11 y aura à Compïègne , il s’élèvera bientôt sur les confins de laVendée , des prytanées où la jeunesse se formera pour l’industrie etpour les arts mécaniques. De là nos chantiers, nos manufactures,tireront un jour les chefs de leurs ateliers et de leurs travaux.
Quatorze millions, produit de la taxe des barrières, et dix mil-lions d’extraordinaire, ont été pendant Fan ]0, employés auxroutes publiques. Les anciennes communications ont été réparéeset entretenues. Des communications nouvelles ont été ouvertes.Le Simplon, le Mont Cénis, le Mout-Genevre, nous livrerontbientôt un triple et facile accès efi Italie . Un grand chemin con-duira de Gênes à Marseille . Une route est tracée du Saint Esprit àGap, une autre de Rennes à Brest par Pontivy . A Pontivy s’éle-