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avons fait éclater une grande modération, à quelle autre causecette modération peut-elle être imputée, si ce n’est à Injustice denos droits et au sentiment de nos forces !
Le soussigné, en exposant à S. E. Lord Whitworth ces obser-vations, croit avoir le droit de lui faire remarquer que la conduitemodérée de tonte l’administration Française, pendant deux moisentières d’une suite de provocations offensantes, et malgré la pro-fonde impression qu’elle en ressentait, doit lui faire apprécier levéritable caractère du gouvernement français . Cependant, c’estlorsque, par son profond silence sur des insultes répétées, le.Gou-vernement de la République eu dû s’attendre à voir qu’on cher-cherait à les réparer, ou au moins à y mettre une terme ; lors-qu'évitant de préjuger la tournure finale que pourraient prendreles affaires, il n’a montré que de l’attention et de l’empressementà examiner les moyens qui pourraient être proposées pour conci-lier et satisfaire le Gouvernement Anglais ; c’est alors que ver-balement et sans vouloir consentir à donner aucune déclarationécrite, S. E. Lord Wbitworth a fait, au nom et par l’ordre de sonGouvernement le 6 Floréal au soussigné les demandes suivantes ;
Que l’Angleterre garde Malte pendant dix ans ;
Que l’Angleterre prenne possession de file Lainpedosa.
Que la Hollande soit évacuée par les troupes Françaises. S. F,.Lord Whitwoith a de plus déclaré que ces propositions étaientl’ultimatum de sa Cour et que sur le refus de les accepter, il avaitordre de quitter Paris dans le délai de sept jours.
Le soussigné ôse dire qu’il n’v a pas d’exemple d’une telle formedonnée à un ultimatum aussi impérieux.
Eh quoi ! la guerre ne doit-elle avoir d’iuconvéniens que pournous? Le Ministère Anglais juge-t-il la nation Française tellementfaible que dans une circonstance où il s’agit pour elle de la plusimportante des délibérations, il ne se croie pas tenu à se confor-mer, à son égard, aux usages qui sont observés par tous les gou*veruemens des nations civilisées ?
Ou bien n’est-ce pas plutôt que le sentiment de l’injustice quepesé sur la conscience de l’homme public, comme sur celle del'homme privé, a empêché le Gouvernement Britannique designer la demande qu’il avait faite ; et que, par une marche moinsdécidée, il a cherché à se reservir, pour l’avenir, les moyens detaire perdre les traces de ses véritables prétentions, et de tromperun jour l’opinion sur l’origine de la rupture ?
Ou enfin, ies Ministres de S. M. Britannique connaissant malle caractère du Premier Consul, ont-ils espéré, à force de provo-cations, de l’exaspérer ou de l’intimider, de le porter à oublierles intérêts de la nation, ou de l’exciter à qtielqn'acîe d’éclat,quils pourraient ensuite travestir aux yeux de l’Europe en initia-tive de guerre ]
Le Premier Consul plus qu’aucun homme qui existe, connaîtles maux de la guerre, parce que plus que personne il est accou-tumé a ses calculs et à ses chances il croit que, dans des circon*tauces telles que celles où nous nous trouvons, la première pensée
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