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Dans une circonstance, à quelques égards analogue, une nationfaible, non par son courage, mais par l’étendue et la populationde ses provinces, osa braver la puissance Anglaise , dans sa capitalemenacée, exposer la demeure de ses rois, compromettre ses nia-gazins, sa seule richesse, résultat de cent ans de paix, et d’une in-dustrieuse économie* plutôt que de souscrire à des conditions in-justes proposées alors, comme aujourd’hui sur le motif de la con-venance de l’Angleterre, et appuyées par l’appareil d’un armementconsidérable- Des braves y périrent; les colonies Danoises furentenvahies, mais quelque inégale que fut la lutte, l’honneur ne lais-sait pas à cette généreuse nation le choix du parti qu’elle avait aprendre.
Dans la discussion présente, la politique parle le même lan-gage que ('honneur, si le gouvernement Britannique est le maî-tre de se conformer ou de ne pas se conformer à ses engagemens;s’il peut, dans les traités qu’il a faits, distinguer l’esprit de la let-tre ; si l’on admet ses restrictions mentales comme autant d’ex-ceptions autorisées ; si les convenances de l’Angleterre doiventenfin expliquer le sens des conventions politiques, quei sera leterme des concessions qu’on se flattera d’arracher successivementà la faiblesse de la France ? Quelle sera la mesure des sacri-fices et des humiliations qu’on entreprendra de lui imposer?Aujourd’hui la convenance de l’Angleterre exige une garantiecontre la France et l’Angleterre garde Malte! Autrefois laconvenance de l’Angleterre voulait une garantie contre la France ,et l’on détruisit Dunkerque ! Et un commissaire Anglais donnades lois dans un pays ou flottèrent les couleurs Françaises ! De-main la convenance de l’Angleterre demandera une garantiecontre les progrès de l’industrie Française , et on proposera untarif de commerce pour arrêter les progrès de notre industrie.
Si nous réparons nos ports, si nous construisons un môle, sinous relevons nos manufactures etc. on demandera que nos portssoient dégradés, que nos môles soient détruits, que nos canauxsoient comblés, que nos manufactures soient ruinées ; on exigeraque la France devienne pauvre, et soit désarmée pour se confor-mer aux convenances de l’Angleterre, et donner une garantie suffi-sante à son gouvernement.
Que l’on considéré les principes, ou qu’on examine les consé-quences, on est également frappé de l’injustice et du scandale deces prétentions. On peut le demander, si elles étaient soumises aun jury Anglais , hésiterait-il à les réprouver unauimément?
Le gouvernement de la république a droit de s’étonner que leministère Britannique ait pu se croire autorisé à lui supposer cedegré d’avilissement. Comment à-t-il pu penser que le gouverne-ment actuel de la France perdrait, dans un lâche repos, et le sou-venir de tout ce qu’il a fait, et le sentiment de tous ses devoirs.
Nos provinces sont elles moins étendues, moins peuplees ? nesommes nous plus ces mêmes hommes qui ont tout sacrifie aumaintien des plus justes intérêts? et si, apres nos succès, nous