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ger, un Souverain qui n’habite pas au milieu de ses sujets n’a pasdroit d’exiger d’eux des efforts qu’il ne seconde pas, des sacrificesXju’il ne partage pas.
Et cependant George , Roi d’Angleterre, veut impérieusementque de simples provinces Allemandes s’exposent au carnage pourune cause qui n’est pas la leur ; il veut impérieusement engagerune lutte corps à corps entre un pauvre et petit pays, et celteriche et vaste France qu’on n’attaque, dit-on, que parce qu’elle esttrop puissante pour la sûreté de l’Europe , comment ose t-onopposer à ses armées triomphantes les bourgeois en masse de l’E-lectorat d’Hanovre ? Ou si les bourgeois en masse de l’Electeur d’Hanovre peuvent lutter contre les armées triomphantes de laFrance , comment osera-t-on dire qu’il n’v a plus d’équilibre en
Mais ici se présente une observation dont toutes les pages del’histoire attestent la vérité ; c’est qu’en politique, il n’y a point demesure ridicule qui, poussée à l’extrême, n’aille jusqu’à l'atrocité;notre révolution en fait foi, et la proclamation que George , Roid’Angleterre, adresse à ses sujets Allemands , va nous en fournirune nouvelle preuve.
George, tranquille dans le Palais de St. James, ou chassant àWindsor, ordonne à ses fidèles pays Allemands de dresser la listecomplette de tous ses sujets qui sont propres au service militaire,sans exception, et d’exiger d’eux le serment qu’ils se présenterontinfailliblement pour défendre et sauver la patrie, c’est-à-dire pourcombattre et vaincre l’armée Française; cela est ridicule. GeorgeIII a joute que ceux qui refuseraient de se faire tuer dans une cir-constance aussi désespérée seront irrémissiblement déchus de tousles biens qu’iis possèdent dans ses pays Allemands , et de loutesuccession qui pourrait leur survenir. Voilà qui est atroce, etplus révolutionnaire qu’aucune des lois portées contre la propriétépar la convention.
La levée en masse, n’exceptant aucun homme en état de porterles armes, n’atteint pas seulement les jeunes gens qui; dans tousles pays, sont défenseurs ms de leur patrie; elle comprend lesperes de familles ies hommes dont les habitudes sont formées de-puis trop long-tems pour qu’il leur soit possible de les changer;ainsi l’expropriation ne menacé pas que la lâcheté: elle peut, dansun seul individu, pere de famille, frapper tous ses héritiers, mêmeceux qui auraient courbé la tête sous le joug de la loi. Un simpleacte du Roi d’Angleterre ordonne que, dans des provinces Alle-mandes , le droit de propriété soit à la merci d’une commissionqui décidera si tel ou tel propriétaire a pu ou n’a pu pas prendre lesarmes. Toutes les propriétés sont frappées de séquestres; nucontrat, nui vente possible jusqu’à ce que les Français , en s em-parant de l’Electorat d’Hanovre, rendent à tous les habitansleurs droiis, fondés sur les lois. Far la singulière conduite duRoi d’Angleterre, les armées Françaises vont avoir pour premieremploi de renverser une loi révolutionnaire ; et de rétablir esprovinces entières dans la jouissance des droits civils, danscedroi