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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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discrétion des ministres Anglais. Affirmation d’un côté, et délié*gation de l’autre ; en sorte qu’il n’y a de compromis que l’ambas-sadeur. Sans doute le ministère Anglais a eu la louable intentionde compromettre le gouvernement Français avec la Porte Ot-tomane ; mais il aurait pu remplir son but plus sûrement et eumême-temps, selon sa coutume, avec plus de perfidie, en com-muniquant secrètement au ministère Ottoman les prétendues con-fidences du Premier Consul ; il aurait fait son métier, sauf auTurcs à apprécier à leur juste valeur, les insinuations Anglaise;mais instruire le Grand Seigneur et toute l’Europe , par la voie dél’impression, est une marche tout-à-fait nouvelle ; elle est consé-quente à la conduite des ministres Britanniques depuis la conclu-sion du traité d’Amiens , et probablement elle aura une grandeinfluence sur les communications que se feront dorénavant lescabinets de l'Europe .

Les remarques attribués au Premier Consul ont été étayées durapport du Colonel Sebastiani ; il faut croire que si la journée decet ofticier eut eu pour objet secret de préparer les Ègvptiens àune invasion delà part de la France , le Gouvernement Françaisn’aurait point publié son rapport ; car on ne prend point l’universpour confident d’un secret de cette importance. Quoiqu’il ensoit, il suffit de lire le rapport en question pour connaître le véri-table but du voyage du Colonel Sebastiani : il s’agissait de ré-tablir nos relations commerciales dans le Levant ; mais il fallait•auparavant se rassurer sur la disposition des esprits dans descontrées aussi indépendantes de la Porte que le sont l’Egypte etla Syrie, et où les Anglais avait affecté de rendre les Français odieux, dans la vue d’y détruire. leur commerce. Voilà ce quetout le monde y voit et qu’on peut y voir. Mais l’Angleterre vou-lait Malte, ou plutôt la guerre, et tout prétexte lui était bon pourla colorer et la rendre populaire. Si un pareil exemple divient ledroit public de l’Europe ; s’il est adopté dans le code des nations,le sort des peuples et des empires dépendra des caprices du plusfort : toutes ses entreprises seront justes si le succès les couronne,c’est-à-dire que le Monde sera replongé dans le chaos.

Mais enfin entrons dans le sens du ministère Anglais ; sup-posons au Gouvernement Français des vues positives sur l’Egypte .Quelle conduite autorisaient de sa part et le droit des gens, et lasaine politique?—Deux choses étaient à examiner: la pre-mière si le gouvernement Fiançais n’en était encore qu’à lapensée, au simple désir, ou bien s’il avait déjà fait des dispositionsindiquant clairement ses intentions, son projet par des faits. Dansle premier cas, il fallait déjouer laFrance par des négociations, etdes alliances ; il fallait donner l’éveil à Constantinople et à toutesles cours de l’Europe ; dans le second cas, le cabinet de Saint-James était évidemment autorisé à se montrer à découvert, àmettre dans toute leur évidence les vues et les procédés de laFrance, à exposer à toute l’Europe le danger que court sa liberté;à déclarer enfin que sa sûreté, comme celle de l’Empire Ottoman et de toutes les nations, exigeait des précautions pour leur salut