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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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apporter le plus sûrement et le plus commodément possible lesmatières premières du Continent, soit pour les lui rapporter eu.suite, quand elles ont été préparées et façonnées dans le pays.Il y a beaucoup de loisir en France ; il n’y en a point en An-gleterre.

Cette ordre une fois établi ; il a toujours été commode au peu-ple Anglais de faire combattre son argent, et non pas ses hommes.On sait ce qui s’y est pratiqué jusqu’à présent. Au premier coupfie canon, plusieurs régi mens de gainées partaient, et allaientfaire leur service ou clandestinement auprès des passions, ouostensiblement auprès des armées. De cette maniéré, l’Angle-terre donnait, il est vrai, le fruit, mais elle conservait l’arbre.En ce moment, il faut qu’elle donne l’arbre et le fruit ; il fautqu’elle mette sous les armes sa propre population ; il faut qu’ellebouleverse tous ses atrüers de reproduction et de fécondité; ilfaut qu’elle demande aux mêmes hommes leur industrie et leur■vie. Voilà, n’en doutons pas, le secret de tous les débats et detous les embarras ; ils roulent sur un dilemme dont les Anglais neparviendront pas à sortir. Adopte-t-on le plan du secrétaire dela guerre 1 On aura trois corps d’armée, qui, par leur composi-tion, se désorganiseront réciproquement. M. YVimiham, sur cepoint, a toute raison; la milice dissoudra l’armée de réserve;l’une et l’autre, l’armée de ligne. Veut-on adopter, au contraire,le plan de M. Windham? On aura une belle levée en masse, quidésorganisera la nation entière.

Dans une situation aussi singulière, nous ne pouvons qu’admirerla confiance du chancélier de l’échiquer. Les taxes ont pu répan-dre à leur combinaison, dans la derniere guerre; la nature des cir-constances était telle, que les Anglais avaientaccaparé le commercedu monde entier. Si, par hasard, la guerre actuelle venait à nepas offrir les mêmes avantages, le produit de ces prétendues taxespourrait se trouver très-aventuré. L’attitude à laquelle se décidebeaucoup de puissances maritimes (1), et la soustraction subitede route la côte du Nord, pourraient déranger à cet égard beau-coup de calculs. Les circonstances nous paraissent en tout pointdifferentes.

D’abord, à cet époque la guerre avait pris en Europe en ne saitquel manteau au moins hypocrite de guerre sociale, qui donnait atoutes les neutralités une attitude timide ; le Danuemarck, laSuède , la Prusse, et les puissances d’un ordre inferieur, avaientbeau être insultées, vexées et pilliées sur les mers, à peine avaient-elles proférer quelques plaintes. Elles s’estimaient trop heureusesde se sauver, au prix de quelques bâtimens, des hasards (I uneguerre où elles ne voyaient aucun avantage. Si une semblablesituation devait se renouveler, rien ne serait plus profitable pourl’Angleterre : elle commencerait, comme elle l’a fait déjà, a s em-parer des bâtimens marchands des autres puissances ; elle s em-parerait bientôt de tout leur commerce. On peut d’avance indi-quer sa marche.

Nous ne voulons point être injustes envers nos ennemis: bous