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«dans dans le sessort du tribunal d'appel séant à Paris , ont prêtéle serment voulu par la loi du 2.9 Floréal, an 10.
Le général Junot , commandant la première division militaireet la ville de Paris , a invité le cit. Séguier, président du tribunalà recevoir le serment.
Le président, assisté du greffier en chef, les juges et substitutdu commissaire du gouvernement, composant la section des vaca-tions, invités et présens, tous vêtus de leur toge de cérémonie, aprononcé le discours suivant:
Citoyens,
Le gouvernement rassemble les militaires destinés à former,pour ainsi dire, le cœur d’une association glorieuse : les armesdont vous êtes décorés sont vos titres à la légion d’honneur, unserment va fixer vos destinées : il doit aussi retracer vos devoirs ;et quant il s’agit de concourir à la conservation des propriétés etau maintien des principes, vous avez dû naturellement vous rap-procher des dépositaires de la loi ; ainsi la justice est aujourd’huivisitée par la bravoure pour former un nœud d’honneur. Dansune telle rencontre, pourrait-elle demeurer impassible? Qu’il luisoit permis de partager un transport magnanime, et d’accueillirsans contrainte ceux qu’elle peut louer sans flatterie.
Au sein de la prospérité, braves Français , vous n’avez pasoublié les souffrances de votre patrie ; l’astre de son antique gloireétait éteint, et tout était dans la confusion, quand une étoile bril-lante s’est levée sur notre horison, et par son influence miracu-leuse a tellement effacé les maux, que la connaissance seule enexige le souvenir.
Pour une si grande merveille, il n’a pas snffi que le génieéonçut, la sagesse devait exécuter: on l’a vue rassembler tous lesliens politiques, écarter ceux que le tems avait usés, leur en sub-stituer de nouveaux, et les unir à ceux que ce même tems avaitconsolidés. Convaincue que l’ordre social ne saurait être l’effetd'une combinaison arbitraire, elle a cherché dans notre situationterritoriale, dans nos mœurs, les matériaux de ses constructions ;et c’est aussi, citoyens légionnaires, sur des bases éprouvés que re-pose un établissement créé pour vous et avec vous.
Cependant le génie réparateur avait eu besoin de circonstancesfavorables à ses desseins, et lui-mème les avait développées. Lors-que des puissances jalouses assaillaient la France de toutes parts,la valeur nationale se serait engourdie à la défense des fron-tières; les Fiançais laissent donc derrière eux des limites tropétroites, pour chercher sur le sol ennemi le champ nécessaire àleur énergie, digne aussi du général qui les commande. Aveceux, Bonaparte franchit les Alpes-Pennines , et le théâtre de leurstriomphes est au sein de l’Italie , encore plein des souvenirs dupeuple roi. 11 franchit les Alpes-Noriques, et les bataillons répu-blicains sont au sein de la Pannonie , sur les bords de la Saveetde la Drave, qui, pour la première fois, depuis les légions Romai-nes, reconnaissent des soldats disciplinés et vainqueurs: ainsi tout