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d'autres encore, fut le foyer auquel s’allumèrent toutes les guerresdont l’Europe fut embrassée, et que la malheureuse France euturesuue seule à soutenir. .
" j a p ra nce avait déjà prouvé qu elle pouvait suffir à tout. Cefut François I , qui préserva l’Europe de ce gigantesque projet demonarchie universelle, rêvé par Charles Quint . En 1639, Louis XIII avait eu à la fois sept armées sur pied, dans les Pays Bas , euChampagne , eu Languedoc , en Italie , en Piémont, en Franche- Comté , &c. &c.
Instruit de la triple alliance en 1672 , Louis XIV prétendit s’envenger sur les Hollandais. On se trompe lorsque l’ondit qu’il n’eu voulait qu’à leurs gazettes. Louis ne pouvait s’a-dresser qu’aux Etats-Généraux. Son armée entra en campagne,et ses armes furent heureuses. Les vues particulières du ministerèAnglais furent un moment suspendues par une circonstance indé-pendante de sa haine : leur Roi Charles IL était faible, et il con-servait pour la France un peu de partialité. Ainsi, après avoirallumé cette guerre, l’Angleterre ne figura que d’une manièreéquivoque, plutôt même connue alliée que comme ennemie de laFrance . Cette puissance, qui avait par l’organe de Temple,affecté tant de crainte des projets de Louis XIV afin d’inspirercette crainte à ceux qui ne l’éprouvaient pas, se démentait visi-blement, et s’unissait à celui même qu’elle avait présenté àl’Europe comme un tyran.
Les traités de Nimegue ne concernent donc l’Angleterre rela-tivement à la France qu’autant que ces traités confirment en mêmetems les conquêtes de France dans les Pays Bays Espagnols ; etles conventions que l’Angleterre et la Hollande avaient faitesprécédemment à Westminster et à Breda . Mais ou trouve dansces traités mi article bien remarquable qui peint an naturell’esprit de domination, et la vanité ridicule du ministère An-gles.
Traité de Nimegue (Angleterre et les Provinces Unies )—“ Dans“ toutes les mers qui s’étendent'depuis le Cap Finistère jusqu’à“ Van Staden en Norwege , les navires de guerre ou marchands,"des Provinces Unies , soit qu’ils aillent seuls ou en flotte,“ salueront, en baissant leur pavillon et la voile de leur grande“ mat, tout vaisseau qui portera le pavillon Anglais .’’ Cet articleincroyable est ici rappelé de deux traités antérieurs. Est-ce pource salamalec que le Cabinet de Saint James est si fâché que l’onn'ait pas voulu reparler aujourd’hui des traités de Nimegue .
Sous les dehors les plus brillans, la paix terminée par la pairsde Nimegue , fut le commencement du déclin de Louis XIV etdes désastres de la France . Cette guerre sollicité par le Cabinetde Saint James, engagea celui de Versailles dans des dépensesexcessives; elle coûta plus de 150 millions d’extraordinaire.Colbert ne fut pas le maître de se les procurer comme il auraitvoulu ; Louvois engagea le Monarque à préférer l’emprunt à1 imposition, et le désordre des Finances creusa dès lors ce gouf-fre où la France devait à la fin se précipiter, jamais la monarchi#
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