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ou même au-dessus de leur grande chartre l’acte de tiàvîgatianqui fut le fondement de leur tyrannie maritime en l65t, et queles autres peuples ont en la bonté de souffrir, ou n’ont pas enl’esprit d’annulier par le fait en se l’appropriant. Le silencedes nations sur un kcie aussi oppressif, ne pouvait qu’enhardircelle qui se l’était permis. Aussi l’œil ne peut qu’avec peinemesurer, à partir de là, le chemin qu’ont fait les Anglais .
Lors de la paix de WestphaÜe, en 1648, ils n’avaient hors del’Angleterre, que deux autres petites isles, Jersey et GuernsevC’était là tout leur patrimoine. L’acte de navigation leur suggérad’autres idées, Ils se trouvèrent à l’étroit, et prirent goût aubien d’autrui. L’Espagne , qui était alors la puissance prépon-dérante, fut dépouillée par eux de l’isle de la Jamaïque , et ilss’en emparerent sans déclaration de guerre. Ce n’était pasencore tout ce qu’ils voulaient lui dérober.
En 1656' l’Angleterre avait envoyé cinq mille hommes et uneescadre pour prendre Saint-Domingue, ou Hispaniola ; cetteexpédition manqua ; tous les hommes périrent ; mais cecitiiontre assez que les conseils de l’Angleterre convoitaient déjàl'Amérique, où l’on peut observer que le traité d’Amiens leur adonné, sans coup férir, une île bien plus importante par saposition, et presqu'aussi considérable que celle d’Hispaniola .
Outre la Jamaïque les Anglais enlevèrent encore aux Espagnolsla ville de Dunkerque , alors de peu de conséquence. LesFrançais commandés par le Maréchal de TurenUe, eurent la com-plaisance d’aider les Anglais à la prendre. Nous conclûmesaussi avec les Anglais de ce teins un premier traité de commerce,c’est-à-dire, qu’ils nous trompèrent une première fois.
En l6’6o, leur étoile pâlit, tandis que celle dé la Franre parutbriller de plus d’éclat, L’aflVeuse guerre de trente ans, cetteépoque sanglante, fut terminée, il faut le dire, grâces au géniede la France , par le traité de Westphalie.
Après la paix des Pyrénées, la France avait atteint le sommetde la gloire militaire et diplomatique. Deux hommes qui ontpeu de rivaux dans l’histoire, Richelieu, etMazariu, préparèrent lesiècle qu’on est convenu d’appeler le siècle de Louis XIV . Maistoutes les puissances furent ou feignirent detre allarmées de l’am-bition de Louis, à qui l’oU imputait le projet de recommencer legrand rôle de Charles Quint .
L’Angleterre surtout, quoique bien moins intéressée que touteautre puissance à craindre les effets de cette ambition, voyait;mc icgret les fondenrens d’une marine jetés par Richelieu, etnourrissait d’ailleurs des vues de spoliation et d'envahissementqu’on devoit voir bientôt éclorre.
L'Angleterre fut, en effet, la plus ardente à susciter et àpayer des lignes ennemies de la France , Ce fut le Cabinet deLondres qui, dès l’an l6'67> envoya le Chevalier Temple pournégccier en Hollande, entre les Etats-Généraux, l’Espagne etl’Angleterre, cette triple alliance qui, grossie par l’inconcevableaccession de la Suède, bientôt par celle de l’Autriche et par