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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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snntoit la faute énorme qu’elle avait faite de se désaisir de Gibral-tar et du Port Maiion. Elle en demandait la restitution qui luiétait refusée. Mais le Gouvernement Anglais ne pouvait se fairesurtout à l’idée qu’on put établir une compagnie de commercedans un port, dont auparavant on ne connaissait que le nom.

Au commencement de 1727. le Roi d’Angleterre jeta l’alarmeà i’ouverture de son parlement (et ce serait une collection très-curieuse que celle de ses gracieux discours émanés tous les ansdu haut du trône). Tout était perdu. Le commerce Britan-nique était menacé par l’établissement de la compagnie d’Ostende ,de sa ruine totale dans les Indes Orientales, et il n'était pasmoins compromis en Amérique par l’audace des gardes-côtesEspagnols .

D’im autre côté, l’Empereur accusait à Ratisboune, George I de souffler seul le feu de la guerre et d’intriguer même à Cons-tantinople, pour porter les Turcs en Hongrie . L’Empereur fitsa paix séparée avec l’Espagne , moyennant qu’entre autres stipula-tions, celle-ci lui accordât les privilèges les plus favorables aucommerce de sa compagnie d’Ostende ; il intéressa même suc-cessivement à cette cause les Cours dePetersbourget de Stockholm :il y mettait tant de chaleur, que non-seulement la Belgique , maisdes particuliers aussi de différens pays, prirent des actions de celtecompagnie d’Ostende ; mais le Cabinet de Saint James voulaitl’anéantir et il y réussit. On tint le congrès de Soissons en 1728exprès pour exiger que l’Empereur le supprimât, tout annonçoitun nouvel embrasement, tout aboutit à des négociations très-lentes. La France lasse de la guerre, s’accoutuma insensiblement àl’indivisibilité des Etais Autrichiens. Les Espagnols oublièrentpeu à peu Gibraltar et le Port Mahon. L’Empereur était troploin des Pays-Bas , pour s’occuper de leurs intérêts commerciaux,il était plus soigneux de ce qui le touchoit de plus près, et voilàle terrible danger pour un pays, d’avoir des maîtres éloignés!L’Empereur songea que Trieste pour raitbien remplacer Osleude;il transigea donc avec l’Angleterre aux conditions suivantes i

Traité de Vienne, en 1731. “ Le Roi d’Angleterre se rend“ garant de la pragmatique sanction.—L’Empereur s’oblige à“ faire cesser, incessamment et pour toujours, le commerce que“ quelques provinces de sa doinmatiou et qui avaient appartenu“ au Roi d’Espagne Charles II font aux Indes Orientales, se“ réservant cependant la faculté d’y envoyer encore deux vais-“ seaux, qui pourront rapporter leur charge à Ostende et J’y“ vendre.” (Traité de Vienne , art. V.)

On ne peut calculer le nombre des familles qui durent fairebanqueroute dans les Pays Bas, en Lorraine, en Allemagne etmême en France , par suite de leur confiance dans cette compagnie(l’Ostende; mais veut-on avoir une idée de ce que les Anglais gagnèrent à cette désolation et à ce bouleversement ! on en jugeparce qu’eux-mêmes annonçaient, dès le mois de Janvier, 172.9,que la suspension de l’octroi de la compagnie d’Ostende avait