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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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l'on vient fie tracer, on aura une idée fidclle du système desp 0tique que suit, depuis deux siècles, le Cabinet de Londres l|s’embarrasse peu que deux millions d'hommes soient égorgés surle Continent, pourvu qu’on puisse faire dire au Roi, daus’un di'cours d’ouverture du parlement ! Nos revenus se sont accrus'notre commerce franchi ses anciennes limites. Nous sommesparvenus à dépouiller nos anciens amis les Hollandais des pos-sessions précieuses dont pourtant nous n’avons pas besoin

Qu’importe à l’Angleterre le désastre du monde entier, pourvu

qu’elle soit à son aise ! Tout est jutifié, tout est dit par ces mots ■Nos affaires vont bien, et celles des autres vont mal!

Il est à remarquer qu’au milieu des troubles civils, dans lesein des malheurs, dans les crises les plus terribles de la révolu-lion Française aucun de nos traités avec les puissances étran-gères n’a été violé. Jamais peuple ne s’est montré plus scrupu-leux observateur de ses engagemens nationaux, même de ceuxqu’il aurait pu désavouer, comme n’étant point son ouvrage:que n’aurait-on pas dit contre la République , si l’on eut eu cou-tr’elle un prétexte semblable à cette soudaine rupture du traitéd’Amiens ! mais les Français ne pouvait même en avoir lapensée.

Quant aux anciens traités, dont on vient d’avoir la série, si lecabinet de Saint James r egrette de ne pouvoir plus en faire pa-rade aux yeux des puissances étrangères ; et nous aussi, nous luidirons ; Lisez : voilà les titres du Gouvernement Anglais àl’estime, au respect à l’amour de la République Française et del’univers entier.

Paris , 9 Janvier.

II.n’y a point d’artifice que le Gouvernement Anglais n’ait em-ployé pour faire croire aux Français qu’on les détestait en Irlande ,et qu’ils n’y seraient jamais reçus qu’eu ennemis et pour fairenaîtr e, dans l'esprit des irlandais, des craintes chimériques sur lesintentions des Français .

Conformément à cette politique infernale, on ne manquapoint, dans le tems de tronquer et de torturer le discours que lejeune et malheureux Emmet prononça devant ses juges, lors-qu’on le fit appeler pour entendre sa sentence de mort. On serappelle les invectives que, dans cette occasion, on lui lit débitercontre la République et son premier magistrat, invectives qui nesortirent jamais de sa bouche : aussi supprima-t-on ce qu’il avaitréellement dit, et le surplus fut rendu méconnaissable, mêmepour ceux qui l’avaient entendu.

Le Gouvernement Anglais , en altérant ainsi les demieres pa-roles de Mr. Emmet, espérait, d’une part, que les sentimens qu onlui prêtait aussi impudemment seraient accueillis du public, commeprovenant d’un tel homme, qui avait vu de près le GouvernementFrançais; de l’autre, il voulait faire croire au-dehors, que cesprétendus menaces et ces invectives, étaient partagées par la