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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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« accusé de crime, et dont les motifs ont été lâchement calomniés« serii privé du droit de justifier ses motifs! Quoique je sois» accusé, et que vous soyez juge, vous devriez cependant, My“ Lord, ne point oublier que vous n’êtes qu’un homme, et que“ je suis homme aussi. L’arrêt qui me livre aux mains du bou-« Veau, consigne mon corps à la terre, mais ma réputation me“ survivra, et il m’importe que ma mémoire soit purgée de toute« l’odieux dont on cherche à noircir ma conduite. Si vous ne“ vouiez point que je me justifie, comment osez-vous me ca-« lomnier 1 .

Vers la fin de ces débats, le juge ne se possédant plus, et ayantplutôt l’air d’un criminel que M. Emmet lui-même, se levabrusquement de son siège, et d’un geste menaçant et d’une voixentrecoupée, lui ordonna de discontinuer, ou qu’il emploieraitla force pour le faire taire, qu’il ne pouvait pas entendredébiter une doctrine dont chaque mot étoit plus criminelque l’acte d’accusation même, qu’il ne serait point surpris si lepeuple, témoin de tant d’audace, se portait du tribunal même àl’attaque du Château, &c. &c.

Enfin Mr. M. Emmet fut forcé de discontinuer, et finit parces paroles.

“ Encore quelques mots, My Lord : ma carrière est achevée ;“ le flambeau de la vie s’éteint pour moi, et je descends dans la“ tombe. L’unique faveur que je sollicite des vivans, c’est celle“ de leur silence. Que personne n'écrive mon épitaphe, car il“ n’est point donné à ceux qui connoissent mes motifs de les“ justifier au jourd’hui, et je désire que la prévention et l’ignorance“ s’abstiennent d’en parler. Qu’ils reposent avec moi, ces motifs,“ dans paix et l’obscurité de la tombe, et que ma pierre sépul-“ chrale reste sans inscription, jusqu’à ce que d’autres tems et“ d’autres hommes puissent, sans crainte, rendre justice à ma“ mémoire.”

Paris , le 22 Nivôse.

Le Général Nogues est arrivé à Paris, il est parti de Londres il y a peu de jours ; il avait été fait prisonnier à Sainte Lucie oùil n’avait que 400 hommes. Il ignorait la déclaration de guerrelorsque le Général Anglais Grinfield y débarqua 6000 hommes;il soutint l’assaut sur un morne, en chassa ti'ois fois les Anglais, ,leur tua beaucoup de inonde et spécialement l’officier qu’ils avaientdestiné pour être gouverneur de Elle.

Le général Anglais avoit accordé au Général Nogués un parle-mentaire pour retourner en France ; mais les croiseres Anglaisesl’euvoyerent en Angleterre ; Il a été long-tems retenu dans de pe-tites villes; il a été étonné au-delà de toute expression de la barbarieet de la grossièreté des préjugés qu’on avoit inculpés au peuplecontre les Français . Les habitans n’en parlaient qu’en leur donnantle nom de chiens de Français , et toutes les absurdités dont lesjeurnaux sont remplis, formatent la croyance du peuple. Quelle