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plore et bénirait un secours ; son honorable fierté rejetterait w,eaumône.
C'est dans celte situation que le sacrifice d’une partie de meu-bles, de vêtemens, ou superflus ou moins utiles, quelquefoismême nécessaires, est conseillé par les circonstances et effectuépar la résignation.
Mais ce meuble, ce vêtement, mis en lrâte à la vente, dont leproduit est demandé sans délai, attendu avec impatience, sera livréà vil prix aujourd’hui pour être ensuite chèrement racheté.
Combien alors il serait heureux pour son propriétaire de pou-voir en faire le gage d’un emprunt modéré dont un avenir prochainlui permettrait de faire le remboursement ; alors il ne serait con-damné, eu échange d’un secours indispensable, qu’à une privationmomentaucée, alors il serait soulagé dans sa nécessité sans êtreblessé dans son amour-propre : alors il serait secouru et resteraitindépendant ; alors encore, quand des jours moins durs ou pinsprospères viendraient luire pour la famille consolée, le désir deretirer le dépôt, en restituant le prêt, lui commanderait l’économie;quelques privations passagères, faciles à oublier, lui permettraientd’accumuler la somme modique qui l’aida au tems de la maladie,ou la fit vivre quand elle manqua d’ouvrage, et bientôt la trace dela souffrance, de la gene et de l'affliction se trouverait effacée.
Ce fut sans doute aux réflexions que fait naître le tableau queje viens de tracer, que la première maison de prêt public dut souinstitution. L’Italie en offrit le modèle.
Là, plus qu’ailleurs, les maximes religieuses, au lien de se bor-ner à aider de leur force les lois civiles dans leur exécution, ontquelquefois usurpé leur autorité, envahi leur domaine. La reli-gion comme l’autorité publique, le pontife comme le magistrat,condamnaient comme usuraire tout intérêt qu’on retirait d’un prêtd’argent.
Aussi les premiers établissemerrs pour prêt sur gages furent-ilsfondés pour faire des prêts gratuits. Le nom de Mont de Pieté leur fut donné comme pour attester leur pieuse destination ; desdotations assez considérables en immeubles ou des ressourcesassez etendues en numéraire leur fureut assignées par la gênérosité, on confiées par la bienfaisance des citoyens.
Le succès de ces premiers essais multiplia rapidement cetteutile institution, et le chef de l’église Romaine, Léon X , pourfavoriser des établissemens pareils, permit, eu 1521, de retirer unintérêt des fonds qui seraient consacrés à cet emploi charitable.
La France cependant n’avait point encore établi de Mont dePiété .
Le traité d’Aix la Chapelle , qui porta les limites du royaumeau-delà du Hainault, de la Flandre, du Cambresis, de l’Artois, miten vain sous les yeux de l’administration des exemples quelleaurait pu suivre dans les Monts de Piété , précédemment fondésdans ces provinces conquises.
Long-tems le prêt sur gages se pratiqua obscurément dans lesgrandes cités et surtout clans la capitale ; long-tems poursuivi