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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Le citoyen Regnaud (de Saint Jean d'Angdy) président a pro-noncé le discours suivant :

Citoyen Premier Consul,

Le gouvernement Anglais pouvait, en frappant une seule tête,frapper la république entière.

Veuve, du héros qui la sauvée, la patrie voyait renaître tous sesmalheurs.

Nous perdions en vous, citoyen premier consul, la garantie durepos de nos familles, de la paix de nos cités, de la gloire de nosarmes, du saint de notre pays.

Des institutions savantes et littéraires à peine renaissantes, descollèges à peine ouverts, des écoles à peine établies, pleuraientleur fondateur.

Les élevés de Saint Cyr, de Compiegne, de Fontainebleau , denos nombreux lycées, redevenaient orphelins.

Le génie de la France vous a préservé. Heureux de lui de-voir votre salut, l'institut national lui rend grâces encore de ceque vous n’avez pas eu, de ce que vous n’aurez jamais à redouterdes conspirations formées en France et par des Français . Lescomplots qui vous menaçaient étaient tramés sur un territoireétranger, par les éternels ennemis des Français et de la France .

Ceux qui ont voulu les servir, les seconder, en profiter, égauxdevant la justice qui les a saisis, seront égaux devant la loi qui lesjugera; et les Anglais qui n’ont pu vous atteindre avec leurspoignards impuissans, trembleront bientôt devant votre épée vic-torieuse.

Pourquoi faut-il que cette pensée nous ramene à celle d’uneautre danger pour votre personne, et au sentiment d’une craintenouvelle'!

Il est permis de l’exprimer, quand la France entière le partage ;quand ces bataillons intrépides, cette garde fidelle, ces braves detoutes les armes, que leurs propres périls n’ont jamais ému, fré-missent à l’idée des vôtres.

Ah ! du moins, citoyen premier consul, n’oubliez jamais que lagrande nation vous a remis le dépôt de ses destinées.

Srcondez par une prudence que nous implorons, les vœux dela France et les nôtres, secondez la Providence qui veille sur vous,et qui veut que, pour la paix du monde, vos institutions protégées,perfectionnées par vous-même, deviennent immortelles commevotre gloire.

Au sortir de l’audience du premier consid, les membres de l'insti-tut national ont été admis chez Madame Bonaparte.

Le citoyen Regnaud , président, a porté la parole en ces termes :

Madame,

La France a été menacée de perdre son chef, l’armée son hé-ros, et vous un époux.

La Providence l’a préservé.

L’institut national vient unir l’expression de sessentimens à