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meut exécutés, ou de marchandises vendues, ou de fonds versésde celles qui ne sont qu’un butin mal acquis, 11 importe au créldit, et encore plus à la justice, que cette distinction puisse êtrefaite ; et ries commissions sont successivement chargées par vouscitoyen premier Consul, de cet examen sévere; elles ne néglige!tout rien pour mettre le trésor à l’abri du danger de paver ce quin’est pas dû, ou de lie point satisfaire des porteurs de* créanceslégitimes.
En l’an 11, des fabrications d’effets publics et de pièces decomptabilités fausses ont été poursuivis sans ménagement. Uneassociation s’était formée précédemment pour fabriquer de fauxbons d’arrérages: les complices, dispersés dans plusieurs départe-mens, se flattaient d’avoir fait disparaître la trace de leurs com-munications. Leurs trames étaient observées lors-méme qu'ilss’en doutaient le moins. La vigilance de la police a secondé lasévérité des tribunaux ; et le cours d’un mal qui faisait de si fu-nestes progrès, est efficacement arrêté.
Aucune indulgence, citoyen premier Consul, n’a été accordéeaux comptables qui ont malversé dans leur gestion. Après imlong relâchement, celte inflexibilité était nécessaire pour rendreaux régies de la comptabilité leur première autorité.
Pour peu qu’on négligé de les faire exécuter, bientôt on s’accou-tinrie aux prévarications dont le fisc seul supporte la perte: on s'ar-range alors pour qu’il soit colloqué sans fruit dans un ordre decréanciers, il n’y a point de détenteur de deniers publics qui netrouve des protecteurs, nombreux et actifs. Ou confond aisé-ment la tolérance accordée au désordre, avec la pitié justementdue au malheur. Des débats s’établissent ; ce qui était clairdevient contentieux; les affaires tombent en surannation ; la tracedu délit s'efface, on songe à peine à le poursuivre; bientôt laperle devient irréparable pour le trésor ; et cette scandaleuse im-punité est un encouragement à de nouvelles dilapidations.
Vous avez approuvée, citoyen premier Consul, que la publicitéfut la première peine appliquée aux débits des comptables, et enmême-tems, un moyen de conserver contre eux les droits du fisc.Tous ceux qui auront prévariqué dans la gestion des fonds publics,seront à l’avenir nommés dans ces comptes, et la stfmme qu’ils au-ront détournée fera connaître la grandeur des charges que leursmalversations font peser sur leurs citoyens. Combien s'estimentpour absous, si leur délit reste caché, qui ne l’eussent jamais com-mis s’ils eussent prévu qu’il attirait sur eux une honte ineffaçable!
J'aurai heureusement une autre liste assez nombreuse à vousprésenter, citoyen premier Consul, si je voulais vous nommer tousles comptables sans reproche dans le maniement des fonds quileur ont été confiés, mais le simple exercice d’un devoir nécessairene peut être la matière d’un éloge ou le sujet d’une récompense;et l’estime, sans être appelée, accompagne toujours la gestion d’unhonnête homme.