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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Paris, le 2 6 Mars , 1804.

le soussigné Ministre Plénipotentiaire des Etats-Unis d’Amé-rique à M. Talleyrand Périgord, Ministre des Relations Ex-térieures.

Monsieur,

J’ai reçu la note que vous m’avez fait l'honneur de m’addresseravec un exemplaire du rapport du grand juge relatif à des papiersqui prouvent que M. Drake, ministre de sa majesté Britannique à Munich, a entretenu en France une correspondance coupableavec des traîtres, pour des projets que tous les nations civiliséesregarderont avec horreur ; et cette horreur doit redoubler encoreen voyant que c’est un ministre qui prostitue son caractère sacré àd’aussi indignes manœuvres.

Qu’un agent subalterne commette une action basse ou atroce,on peut croire qu’il y est porté par l’intérêt personnel, ou toutautre motif semblable ; mais on attribue communément les actionsd’un ministre à la nation qu’il représente, et alors même qu’il aagi contre ses ordres (ce que, j'espere, à lieu dans cette circon-stance), sa conduite est tellement identifiée à son gouvernement,que de pareilles actes tendent à renverser l’ordre social et ramenerles nations vers la barbarie.

Quoique la distance où je suis de mon gouvernement ne m’aitpas permis de recevoir des instructions relatives au complot quivient d’être si heureusement découvert, qu’il me soit permis, mon-sieur, de les dévancer, et en cela je ne crains point d’être désa-voué. La candeur et l’intégrité qui forme le caractère du Prési-dent, son estime pour le premier Consul et pour la républiqueFrançaise me sont des garans assurés de ses sentimens dans cetteimportante circonstance.

Je prie doue votre Excellence d’offrir au premier Cousu’, aunom de mon gouvernement, les plus sincères félicitations d'avoirsi heureusement échappés aux horribles attentats de ses ennemis,dirigés non seulement contre ses jours, mais contre un objet bienplus cher à son cœur, comme il l’a tant de fois prouvé ; le bon-heur de la nation dont-il est le chef ; bonheur qui est le résultatde ses nobles travaux aux champs de l’honneur et dans le cabinet,et qui n’est pas tellement consolidé qu’il ne puisse être profondé-ment ébranlé par sa perte.

Je prie votre Excellence d’agréer l’assurance de ma haute con-sidération.

(Signé) Livingston.

Paris, le 26 Mars , 1804 (6 Germinal, an 12).Le Baron [de Steube, Ministre Plénipotentiaire de Wurtemberg,au Citoyen Talleyrand, Ministre des Relations Extérieures.

Citoyen Ministre,

J ai été très-reconnaissant de la marque de confiance que votreExcellence à bien voulu me donner; j’ai transmis incessammentfoutes les pièces à S. A. S, Electorale mon maître, qui, sincere-