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Le fait articulé dans la note de votre excellence intéresse nonseulement le corps diplomatique, mais les chefs de tous les "ou-vernemens et la tranquillité de tous les états ; et c’est sur ces di-vers rapports que je prie votre excellence d’assurer le premier con-sul de la peine que S. M. la reine régente d’Etrurie ne manquerapas de ressentir de ce forfait sur lequel ou peut, sans hésiter, ap-peler l’exécration de l’Europe et de la postérité.
J’ai l’honneur de présenter à votre excellence les sentimens dela plus haute considération.
(Signé) D’Hervas.
Le Ministre des Relations Extérieures de la République Italienne au Citoyen Talleyrand, Ministre des Relations Extérieures dela République Française .
Citoyen Ministre,
r J'ai reçu ia lettre que votre excellence m’a fait l’honneur de m’é-crire, et à laquelle était joint un exemplaire du rapport du grandjuge sur les viles et misérables intrigues du ministre de S. M. Bri-tannique près la cour de Munich .
Le premier Consul est aussi le président, le chef suprême de larépublique Italienne : elle lui doit son existence, sa constitution,tout ce dont elle jouit, tout ce qu’elle sc promet encore : pouvait-elle donc être moins frappée que la France par la découverte deshorribles complots tramés contre lui?
Déjà aussi ses tribunaux, ses corps administratifs, ses généraux,ses troupes, ses ministres ont-ils exprimés la douleur, l’in-dignation dont ils étaient pénétrés, et à leur voix se serait jointecelle de tous les individus, s’ils avaient pu se faire entendre.
Il n’est gueres possible sans doute d’ajouter à ces sentimens, nonplus qu’au respect, à la reconnaissance, à l’amour qui remplissenttous les cœurs. Je n’ai pas crus néanmoins qu’il fut inutile de ré-pondre l’écrit que vous avez bien voulu me communiquer, et danscet objet que je me suis hâtés d’en transmettre plusieurs copies àMilan . En faisant connaître le plus en plus l’ennemi communque nous avons à combattre, et contre lequel les troupes de notrerépublique ont déjà marché, il apprendra à le détester toujoursdavantage. Eh! qui ne détesterait pas un gouvernement qui ne'rougit point d’employer la corruption, la séduction, l’embauchage,l'assassinat, comme des moyens de politique légitime, et d’abuserde ce qu’il y a de plus respectable et de plus sacré pour ourdirles trames les plus criminelles et les plus infâmes !
Pour moi qui ait pareillement l’honneur d’être au nombre desministres de l’auguste chef des deux états ; qui, en cette qua-lité, jouis de quelque part dans sa confiance, et suis à portée d’ad-mirer de plus près ses rares et sublimes qualités, comment ne serais-je pas profondément affecté de tout ce qui peut toucher à sa per-