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J’aurai désiré que votre général attendit encore quelque teinsavant de commencer ses premières opérations; mais puisqu’ilcroit que le moment est favorable, il est urgent qu’il s’empare dela place d’Huningue ; elle n’est pas éloignée du centre de vos opé-rations. Je compte m’installer à Fribourg, pour être à portée devous donner des secours prompts et sûrs ; quant à la citadelle deStrasbourg , il n’y faut plus penser c’est trop loin.
Je crois que votre général n’aura pas manqué de se faire unparti puissant dans l’armée, pour faire opérer une diversion; carsans cela B • • • • pourrait vous combattre avec avantage. Il fautbien calculer d’avance tous les moyens qu’il a à vous opposer,afin de rendre tous ses efforts inutiles.
Mais profitez, lorsqu’il en sera tems, du trouble où sera plongéle reste de ses partisans. Ecrasez-les sans pitié : la pitié n'est pasde saison en politique !
M. Drake insista beaucoup sur ce que mon général lui envoyade suite M. Muller. Il m’est indispensablement nécessaire. J’enai besoin pour qu’il me mette au courant et qu’il me fasse con-naître ceux qui sont de votre parti ; car sans cela je ne me trouve-rai pas à même de nie justifier auprès de mon gouvernement, quivoudra connaître le nom des principaux personnages, lorsqu’il seraquestion de sommes aussi considérables que celles qu’il faudravous donner. J’insiste donc pour que votre général m’envoie M.Muller.
M. Drake me remit une somme de 74,976 livres en or: c’esttout ce que je peux faire pour vous dans ce moment, me dit-il;mais je vous adresse à M. Spencer Smith à Stutgardt, qui vousremettra une plus forte somme. Je vous donne une lettre pourlui, et un passeport comme courrier d’Angleterre chargé de nosdépêches pour Cassel ; comme cela vous ne serez pas obligé devous présenter chez l’envoyé Français , qui épie jusqu’à nos pluspetites démarches : vous ne direz rien du tout à M. Smith de cequi se passe entre nous ; vous pourrez cependant satisfaire sacuriosité sur les nouvelles de France .”
Je pris donc congé de M. Drake le Lundi 5 courant; je montaidans une voiture de poste qui me fut amenée à la porte de sonhôtel, à dix heures et demie du soir, et m’acheminai vers Stutgardt.J’arrivai dans cette ville le Mercredi, 7. à une heure et demie del’après midi, avec le caractère de courrier d’Angleterre, Je fusloger à l’auberge du Cor de Chasse d’Or; je me fis conduire parun garçon de la maison chez M. Spencer Smith, où je me fis an-noncer sous le nom de Lefebvre. Il me reçut d’abord avec mé-fiance et l’accueil le plus froid ; je lui remis la lettre de M. Drake,Il ne m’eut pas sitôt connu, qu’il me combla d’honnêtetés; il mepria de l’excuser de ce qu’il m’avait si mal reçu, c’est que, medit-il, je ne suis pas du tout en sûreté ici, je vous assure. Depuisquelques jours, je ne reçois personne que le pistolet à la main ; jene suis pas sur un lit de roses, tant s’en faut ; je me regardecomme un avaut-poste, et je vous atteste que si B • • • • demandait