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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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à l’électeur de Wurtemberg mon arrestation (malgré que sonépouse soit une princesse d’Angleterre,) il me livrerait sans.mefaire prévenir; car déjà il se doute de ce qui m’occupe ici, et ilcraint que cela ne le compromette avec le consul.

Il s’informa avec beaucoup d’intérêt des affaires de France etil me dit que l’arrestation du duc d’Enghien l’avait fortement dé-concerté: qu’il prenait une grande part au malheur de Pichegru ,que l’Angleterre avait avec raison fondé de grandes espérances surla mission d’un homme aussi populaire qu’habile. Je le connais-sais beaucoup, me répéta-t-il avec une très-forte émotion ; j’étaisau fait, parce que c’est le lieutenant de mon frere qui l’a débarquésur la côte de France . J’avais même espéré qu’il parviendrait às’échapper; il n’y faut plus compter, puisqu’il paraît certain qu’ilest arrêté.

11 me pria instamment d’écrire une lettre, à mon passage àStrasbourg à Mad. Franck banquier, pour l’inviter à lui faire par-venir de suite toutes les lettres, qu’elle aurait reçues à l’adresse dubaron de Herbert, officier Allemand , elle pourra me les faire pas-ser sous Je couvert factice de M. le fils de Georges Henri Keller,banquier de Stutgardt ; j’attache le plus grand prix à les recevoir,il doit y en avoir de Pichegru . I! me pria aussi de m’informer deMad. Henriette de Fromelin, dont il avait connu le mari à Cons-tantinople . Cet émigré devait être en ce moment aux environsde Brest .

Il eut l’extrême bonté de m’apprendre que son nom de guerreétait Leblond, et il parut tirer vanité de la réputation d’intriguequ’il assurait avoir donné à ce nom-là.

Ce M. Smith a pour secrétaire M. Péricaud, secrétaire de l’an-cien évêque de Sééz ; cet émigré m’entretint long-tems de sesjérémiades; il me fatigua par toutes les horreurs qu’il débita surle chef de la nation Française ; il me parut fortement inquiet etagité. M. Spencer Smith, me dit-il, est ministre, et moi, commeémigré, je n’ai rien à alléguer. La police de France pourrait mefaire arrêter comme les émigrés qu’on a enlevé de Ettenheim ,ou comme l’évêque de Châlons dont on à obtenu l’arrestationà Munich .

M. Drake, M. Smith et M. Péricaud ne m’ont pas laissé igno-rer qu’ils s’ennuyeraient beaucoup à Munich et à Stutgardt sansl’occupation que leur donnent les affaires de France Ils se van-tent de pouvoir tirer des sommes considérables sur le gouverne-ment Anglais . Donnez confiance à vos amis, me dit M. SpencerSmith, voilà des lettres de change pour 113,150 livres. Je leurferai passer ce dont ils auront besoin ; mais, par Dieu , qu’ils frap-pent ferme. En prononçant ces dernieres paroles, il me présentaune paire de pistolets de la manufacture d’armes de Versailles.Puis il me dit : vous pourrez-vous en servir avec avantage ; avecde petits amis semblables, on ne manque jamais. Je fus un ins-tant à hésiter avant de les recevoir ; mais enfin je sentis la néces-sité de ne point quitter mon rôle et d'achever ma mission. Je

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