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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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me considérai comme uu officier de génie ou d’artillerie, qui vadéguisé, faire une reconnaissance dans une place ennemie. Tousles masques lui sont bons ; il étouffe sa sensibilité, et il ne voit quel’ordre de son général et le but de sa mission. ^

Il devait aussi me remettre une somme en or : tout était ar-rangé pour cela: mais au moment où il allait me la donner ilreçut le journal de Manheim , et dans ce journal on lisait uu ex-trait du Moniteur et de la correspondance de M. Drake. ftjSmith hésita, et je me gardai bien d’insister. J’étais encore cherM. Smith, lorsqu’un nommé Leinhard, émigré à la solde d’An-gleterre, vint demander, au nom de ses camarades éplorés, se-cours et protection. On 11e veut plus nous souffrir dans l’électoratde Bade ; on nous chasse de par tout, et nous ne savons bientôtplus où nous réfugier.

Le ministre Anglais crut pendant quelques instans que c’était unagent Français envoyé par la police avec des papiers trouvés sutdes personnes arrêtées, qui venait pour le confesser et tirer de luiquelques éclaircissemens.

Je ne pus m’empêcher de lui dire en riant, qu’il devait se teniren garde contre de pareils émissaires, et qu’il était vraisemblableque la police de Strasbourg lui en enverrait dont-il ne se défieraitpas. Oh ! oh ! dit-il, je n’en suis à mes preuves et je les attendsde pied ferme.

Ce sont absolument les expressions dont se sont servis les mi-nistres d’Angleterre dans ma conversation avec eux.

Je pris congé de M. Spencer Smith le 9 du courant; il m’en-voya chercher des chevaux de poste ; qui 111e furent amenés parun de ses domestiques, et attelés à ma chaise à quatre heuresaprès midi. Je fus rendu à Strasbourg le lendemain 10 , et con-tinuai ma route pour Paris , où j’arrivai le 14 .

J’essaierais vainement de peindre les sentimens de haiue et lafureur dont ces monstres sont animés contre notre patrie. Ils nerespirent que pour nous voir armés les uns contre les autres. 11n’est pas de métier vil ou atroce dont ils ne soient capables: maisen même-tems il serait difficile de trouver des gens plus lâches.L’ombre d’un brave homme les ferait rentrer sous terre. Ils pas-sent leur vie à tramer des complots ; et par uu effet naturel et unejuste punition du crime, ils se croient sans cesse environnés d’em-buches et de dangers. Soit que dans ses cours amies de laFrance , et qui ont des obligations si essentielles au premier Con-sul, on ne les voie pas d’un œil favorable; soit qu’ils aient étédévinés par les habitons des villes où ils résident ; et qu’ils s’aper-çoivent que l’opinion leur est contraire; soit enfin qu’une voix in-térieure leur dise sans cesse que 1’ homme qui ne respecte rien n’àdroit à aucun respect, ils ont l’air couibé sous le poids du méprispublic, et déjà flétris de l’opprobre ineffaçable qui doit s’attacherà leurs noms.

(Signé) Rosey,

Adjudant Major au ,9me Régiment de Ligne-