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Huninoue comme un peu trop éloigné du siège principal de vosopérations, et il faudra bien se garder de vous affaiblir en don-nant trop d’étendue à votre ligne.
Il est fort à désirer, si cette entreprise se fait, qu’elle se fasseentièrement du côté de la France ; et je ne vois pas même com-ment vous pourriez la faire du côté de l’Allemagne , puisque, dansce cas, il faudrait passer le Rhin deux fois. Vous êtes appare-illent dépourvus de pontons et (le bateaux ; et comment passeriez-vous cette riviere 1 II faut de tonte nécessité entrer dans la villepar les portes de France ; et je ne peux pas deviner quelle utilitévous pourriez tirer du passage de vos gens sur le territoire d’Al-lemagne . Au reste, je ne peux pas vous conseiller de commencervos opérations par une violation de territoire.
Ce sera donc, à vous et au comité à peser, tous les avantages ettous les inconvéuiens de cette entreprise, soit qu’elle réussisse ouqu’elle 11 e réussisse pas, et je ne doute pas que votre décision surce point important ne soit pour le mieux. Mais dans le cas quevous vous décidiez à ne pas la tenter, il faudrait alors penser às’assurer d’une autre voie sûre de communication avec Fribourg.
Quant aux pays qui environnent les villes que vous m'avez in-diquées ; je n’ai pas besoin de vous faire observer que leur occu-pation demandant la présence d’une partie de vos forces, il neserait pas convenable de. vous affaiblir en faisant des détacheuienspour cet objet, qu’autant que ces pays seraient absolument néces-saires à la marche de vos principales opérations militaires, soitpar les positions ou par les secours en approvisionuemens qu’ilsoffrent,
11 ne faut pas penser à la citadelle de Strasbourg ; elle est tropéloignée du pays où vous agirez, et d’ailleurs il ne nous faut pasentreprendre au delà de nos moyens. Pour ce qui regarde lemoment propice pour commencer votre attaque, j’aurais désiréqu’il fut différé de quelques semaines, afin que j’eusse plus detems pour faire les dispositions nécessaires de mon côté; mais jesens vivement la force des motifs qui vous engagent à agir prompte-ment et sans délai, et je suis entièrement d’accord avec vous, quesi vous laissez sacrifier Moreau à la haine et à la jalousie du pre-mier Cousul ; vous perdrez par là l’assistance de ses nombreuxpartisans. Je vous conjure cependant de ne pas vous montrer lemoins du inonde, avant que vos mesures ne soient toutes prépa-rées et en régie. Tout doit être calculé, combiné et arrêté d’a-vance, afin que, le masque une fois levée, en n’erre pas à l’avau-ture, que chacun sache exactement son poste et ce qu’il a à faire,et que le premier coup parti, en agisse d'abord par tout (et sur-tout à Paris même), pour ne pas baisser au gouvernement le teinsde se remettre de sa première stupeur.
Quoique vous ne me parliez pas des progrès que vos agens ontfaits dans leurs tentatives pour gagner des partisans dans l’armée,je dois supposer que ces tentatives ont complettement réussi, etque vous vous êtes assuré d’une puissante diversion de ce côté là,